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Quel est le plus grave ? Gaver la femme qui vous écoute en lui faisant mal à la tête à force de pleurnicher ou dégoûter les quelques lecteurs courageux n'ayant pas encore foutu ce monument de cynisme égocentré à la poubelle? Et en plus, pour qui a la bonne idée de trier ses détritus, personne ne sait trop dans laquelle jeter un bouquin. Au moins, une canette de bière, n'importe quel ignare la balance dans la bonne. L'homme, le vrai, doit contenir ses émotions, contrairement à la femme qui elle, est hystérique. Par définition, et surtout si elle nous vient du pourtour méditerranéen. Vous le savez maintenant, c'est pour ça que je tente de noircir quelques pages blanches, au lieu de laisser ces fameuses émotions m'envahir et me pourrir la life. Et là je vais frapper fort, regagner quelques lecteurs en traitant d'un sujet qui plaît aux hommes, qui est dans leur ADN. Le sport. Avec un peu de chance, je peux même raccrocher quelques nanas qui ne rechignent pas à se mater un match de foot, surtout si c'est Liverpool qui joue. Allez, pourquoi ne pas s'offrir un petit flash-back, quelques bientôt trente ans en arrière. Le 13 juin 1987 précisément. Ce jour-là, c'était jour de match, de handball, comme souvent suivi d'une belle troisième mi-temps. Certaines traditions ne sont pas réservées au monde de l'ovalie. Rien de particulier à signaler, si ce n'est un retour au petit matin. Le domicile familial en guise d'after. Dans ce cas on essaye de se faire discret et de rapidement regagner son lit d'adolescent attardé, sans marcher sur la queue du chat venu glaner son câlin du matin. Et là surprise ! La télé est allumée, le paternel devant, et pas endormi du tout. Bon sang mais c'est bien sûr, France / Australie, la demi-finale de la Coupe du Monde de rugby. Pas fous les philanthropes de l'International Board. Il était temps de créer un événement plus planétaire que le Tournoi des cinq Nations. Plus lucratif aussi, à la poursuite des cousins du ballon rond. Un match fou, des Wallabies surpuissants, déjà, et un score de 24 / 24 à quelques minutes de la fin. Pierre Salviac s'enflamme, l'accent landais d'Albaladejo qui fleure bon le Ricard et les cacahuètes. Et Lorieux qui emplâtre Campese, l'idole, qui contrôle mal le coup de pied de Lagisquet. Et ce diable de Serge Blanco qui surgit, plus en cannes qu'en version 2015, qui s'arrache et atteint la terre promise. L'essai historique par excellence, gravé dans les mémoires, dans la mienne, pourtant engluée par quelques verres d'une boisson pur malt. Le même que ce pauvre Abdel Benazzi ne marquera jamais huit ans plus tard en Afrique du Sud. Ne pas contrarier Nelson Mandela, pour quelques centimètres. Notre vie est parsemée de grands moments nocturnes voire plus, dans le canap, devant la télé, devenue extra plate au fil du temps, un peu comme nos abdos. Dans la série il faut avoir les yeux qui piquent pour mériter de vibrer, les grands matchs de boxe, à Atlantic City, ou pire, à Las Vegas, se posent là. Hagler, Hearns, Léonard, Duran, Tyson un peu plus tard, et les autres nous ont volés tant d'heures de sommeil. Comment leur en vouloir ? Ce serait comme regretter une nuit aussi courte que torride, comme en vouloir à celle qui en est la cause. Des décennies après, il n'y a plus de match, plus de troisième mi-temps, moins de fougue. Les occasions de veiller devant le petit écran se sont multipliées. Mais l'explosion de l'offre a un peu dilué l'aspect magique et rare de ces grands shows. Trop de sport tue le sport, c'est comme les impôts Sauf cette année où ils n'ont jamais été aussi vivants Et puis je suis tellement sollicité par toutes ces femmes que je n'ai plus trop le loisir de mater la téloche. 3 mai 2015 5H45 Ça fait des semaines qu'une com invraisemblable nous vend un combat de boxe comme étant celui du siècle. Mayweather / Pacquiao Jamais vu un tel matraquage, même en 68 Télés, radios, journaux, sauf dans Charlie Hebdo 250 millions pour les deux boxeurs 450 millions de bénéfices Hallucinant, démesuré Tout ça pour un combat de merde, un marché de dupes, une escroquerie pugilistique Le holdup du siècle, plus fort que Spaggiari, Mesrine, Francis le belge, Jean-François Copé et le gang des lyonnais réunis. Manny avec une épaule en carton Et tous ces cons qui achètent le match 90 $ aux Etats-Unis Et j'en connais un qui a soigné son dos fragile en comatant dans le canapé pour patienter Jusqu'au grand frisson Une overdose télévisuelle Autre chose que de rentrer de boite ou de sortir de sa femme Non Beaucoup plus glamour Beaucoup plus calorique surtout, on ne reste pas à jeun des heures devant la petite lucarne Et puis ça donne soif L'attente Se dire à chaque round que le combat va enfin commencer Se faire avoir douze fois Deux semaines que j'attends toujours Et puis se coucher à 7 heures du mat, pour rien Sans avoir travaillé au salut cancéreux de sa prostate

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