L'ADN

Si on enlève les grabataires, les prématurés et les migrants, 1% des français ont théoriquement l’opportunité d’aller voir un match de ce mondial. On le sait, c’est la troisième fois que notre pays l’organise.

En 1970, il suffisait de pas grand-chose pour venir voir les roumains, allemands de l’est ou autres français à la Halle Carpentier ou ailleurs. Une bonne note à votre composition d’histoire, un bon score au chamboule-tout de la kermesse, et votre instituteur vous donnait trois places pour la finale. A moins d’en récupérer quelques-unes dans Pif gadget, après avoir vibré aux exploits de Docteur Justice.

En 2001, c’était devenu moins facile, mais possible. Un coup de fil bien passé, une petite bière offerte à la bonne personne, et l’affaire était dans le sac.

Pour 2017, j’ai décidé d’être joueur. Je n’ai rien prévu, rien acheté, rien demandé à personne, et j’attendrai la finale pour tenter de gratter une place. Quelque chose me dit que si la France y est, le réussir tiendra de l’exploit.

Il faudrait être sourd, aveugle et plus encore pour ne pas s’apercevoir que les choses ont bien changé. Heureusement, il reste la télé. Complice d’émotions incroyables que le sport a pu nous faire vivre.

Complice d’une vie.

Les Verts, Guy Drut, Blanco, Noah, le père, pas le fils, Prost, Hagler, Tyson, Platini, Zidane…

Pour le hand, il fallait apprécier la verve de Pierre Fulla ou de George Dominique, le béton des Cosec et les grosses branlées contre les russes. Il a fallu changer de millénaire pour vivre le costal de Jackson contre les allemands, ou le but de Greg Anquetil contre les suédois. Du suspens, de l’émotion, tout ce qui fait la beauté du sport.

Quinze ans plus tard, on allume une télé beaucoup plus plate que celle qu’on avait en ce temps-là. Le président de la FFHB assistait au match entre sa femme et le vice-président du Conseil Général, non loin de son beau-frère et de quelques potes. Aujourd’hui, Joël Delplanque a dû se coltiner le match d’ouverture avec le Président de la République, et lui expliquer que le marcher c’était trois pas, entre le PDG de Lidl et celui de la Caisse d’Epargne.

DJ Feder met le feu aux platines, et vous avez largement le temps de faire de même sous vos coquillettes pour vous mitonner une petite assiette avant que la pub ne finisse. Il n’est pas question d’être nostalgique ou de regretter tout ça.

Seule compte la vérité du terrain, le match peut commencer. Il ne faut pas trois minutes pour comprendre que notre équipe n’est pas là pour amuser la galerie, moins de temps qu’il n’en faut pour que vos pâtes refroidissent assez pour ne pas vous brûler.

Les Experts ont frappé fort.

Aborder un match de haut niveau est sans doute plus facile de son canapé que sur le terrain. Certains sont là pour nous rappeler qu’un match d’ouverture n’est pas toujours facile à gérer ou que le Brésil avait fait plus que nous titiller, il y a six mois du côté de Rio.

Bertrand Gille a coupé sa tignasse et pris le micro, son frangin Guillaume et Didier Dinart ont pris place sur le banc, mais l’assise défensive reste la marque de fabrique de cette équipe.

Son ADN, ce qui l’assoit dans ses performances et lui a donné la force de gagner tant de titres. Et puis le gardien de ce temple est toujours à l’ouvrage. Inusable. Immortel. Les « Tii-ti, Tii-ti » qui descendent des tribunes. A tel point que même sans avoir bu la moindre goutte d’alcool, il me faut plusieurs minutes pour voir que c’est Vincent Gérard qui joue la deuxième mi-temps. Et plutôt très bien.

C’est la seule chose qu’on puisse dire. Les journalistes et consultants de tout poil se doivent d’analyser tout ça, c’est leur job. Franchement, que dire de plus qu’on est rassuré et satisfait, mais qu’il est difficile d’évaluer une performance face à un adversaire que les bleus ont broyé sans état d’âme. On verra plus tard, pas forcément vendredi face au Japon.

Profitez de l’aubaine pour amener votre petite famille au restau, en attendant les gros bras de ce groupe.

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