LES STATS

Elles sont les reines des sports US.

Moyennes de yards parcourus, triples-doubles, home-runs… Une manière plus anglo-saxonne ou pragmatique de voir les choses, à tel point que du boulot de journaliste à la discussion de comptoir, il est impossible d’ignorer ces chiffres pour qui veut évoquer ce qui se passe outre-Atlantique. A part les buts marqués et les arrêts de gardien, cette culture n’a pas encore pris le pouvoir dans le monde du handball.

Mais attention, ce n’est pas Jean-Luc qui qui dirait le contraire, ce qui nous vient des USA a souvent des visées impérialistes. Rien ne peut nous dire que d’ici quelques années, chaque handballeur ne sera pas défini avant tout par sa fiche de stats. On n’en est pas encore tout à fait là, mais on aime, à juste titre, étayer certaine analyses par des données chiffrées. C’est souvent un moyen assez tentant d’objectiver une performance, de lui donner une pertinence quasi scientifique.

Il faut juste faire attention de ne pas tomber dans le piège du « tout-statistique », et toujours regarder ce qui se passe derrière cette vitrine, essayer d’en connaître les causes. Il ne faut pas oublier non plus qu’elles sont une photographie d’une période, mi-temps ou saison, mais qu’à un moment clé, un évènement peut sortir d’une réalité statistique. Par exemple, un gardien peut faire trois arrêts dans un match, mais sortir le ballon qui le fera basculer.

18 passes décisives, 9 pour Daniel Narcisse et 7 pour Nikola Karabatic, dans le huitième contre l’Islande. Ça veut dire que les pivots, en particulier, ont été gavés de ballons, et ce n’est pas Ludovic Fabregas qui s’en plaindra. Ni nous d’ailleurs. 5/6 et quelques prises de balle acrobatiques, de quoi enfiler une petite montre d’homme du match. C’est un signe de bonne santé collective et ça illustre ce que l’on sent depuis le début, que les Experts jouent peut-être plus juste que par le passé. Rassurons-nous quand même, ils restent capables de mettre le casque lourd et d’aller au mastic quand c’est nécessaire.

32% d’arrêts pour Thierry Omeyer, contre 21% à Gustavsson, je vous fais cadeau de son prénom. On sait que beaucoup de résultats s’expliquent en grande partie par la perf des gardiens, le facteur X. N’est-ce pas Danijel Saric ou Roland Mikler ? Pour le coup, je ne pense pas que ces chiffres expliquent ce 31/25. Mais ce qui s’est passé à 14/13, à la reprise de la deuxième mi-temps, a été déterminant. Le gardien français va calmer les islandais avec deux parades consécutives, quand son homologue ne va pas toucher un cuir en quelques minutes. Un 6 à 1 en sept minutes dont les islandais ne se remettront jamais.

100% des qataris chantent l’hymne national, et pourtant peu sont nés au bled. Rien de spécial à dire là-dessus, si ce n’est que la stat n’est pas identique pour les français. Il n’y a pas si longtemps, certains footballeurs étaient brulés en place publique pour une telle hérésie.

50% de mes pronostics sont faux. Un lecteur mal intentionné pourrait me faire remarquer que l’Allemagne et le Danemark, ni plus ni moins que les champions olympiques et d’Europe, ne seront pas, comme je l’avais prédit, dans le dernier carré.

Que je sois un piètre pronostiqueur n’est pour moi pas une nouvelle, mais là je ne pense pas être le seul. Un petit tour sur le site de la FDJ devrait me confirmer que les cotes du Qatar et de la Hongries peuvent être qualifiées de grosses. Si je pariais sur le contraire de ce que je pense, je serais un homme riche. Mais le doute me tenaille, et imaginons que la Suède, la Norvège, le Qatar ou la Slovénie s’invitent au bal des demies, je serais alors à 100%, ce qui serait une perf remarquable.

Pour ça, il faudrait que la Suède sorte les bleus, ce qui n’est pas vraiment dans notre tableau de marche. Attention, les scandinaves sont séduisants. Mais n’ayez pas peur, je ne ferai pas de pronostic…

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