AUX ANTIPODES

C’est marrant les antipodes.

Imaginez-vous sur la plage, à Saint-Jean de Monts ou ailleurs, au moment précis où vous allez sombrer dans cette sieste tant espérée.

- Papa, papa !

- Oui mon chéri ?

- Tu viens m’aider à faire un château ?

- Ok, donne-moi ta pelle et ton seau.

Et là vous creusez, creusez, et creusez encore. Et un beau jour, vous arrivez en Australie.

On est tous scotchés sur notre Mondial en France, mais la vie continue. A 12 000 km d’ici, ceux et celles qui tapent comme des brutes sur la petite balle jaune se disputent la première levée du Grand Chelem. Deux sports aux antipodes, à tous les niveaux. Et pourtant, en ce jeudi 26 janvier, on saura si Roger ou les Experts s’offriront une nouvelle chance d’ajouter une ligne à un palmarès déjà sans égal. 18e titre pour Federer, 6e pour les bleus !

Pour avoir cet honneur, il a fallu arriver en demi-finale. RAS pour le suisse, un peu moins pour les tricolores qui ont galéré avant de trouver la clé du bourbier suédois.

Ceux qui ont joué ont tous fait un match de bonhomme, comme le réclamait Bertrand Gille au micro. Pas nécessaire d’aller vérifier qu’ils en sont, ou qu’ils en ont si vous préférez. Si cette condition est toujours nécessaire pour décrocher des titres, elle est rarement suffisante. La France a gardé son ADN, on s’en est aperçu. Mais elle semble avoir étendu son registre et parait pouvoir gagner en ayant d’autres armes sous le capot.

C’est une équipe qui joue de mieux en mieux, de plus en plus juste. Les principes du jeu sont respectés, et ce que l’on voit sur le terrain dépasse le courage et l’intensité. Encore un match dans lequel les pivots se sont régalés, avec un total de 20 assists, passes décisives pour les Anglos-sceptiques, dont 5 et 6 pour Daniel et Niko. Et si on se replonge dans les matchs précédents, on est à chaque fois au-delà des 20, sauf contre le Brésil et la Pologne.

Autre dossier, celui des gardiens. Dès son arrivée aux commandes, Claude Onesta avait toujours misé sur Thierry Omeyer, sauf au Mondial 2005 en Tunisie où il avait peut-être sauvé sa tête grâce à Daouda Karaboué. Tout le monde garde en mémoire l’arrêt décisif de Titi en prolongation de la finale du Mondial 2011, contre le Danemark. La décision de le laisser dans sa cage malgré un match moyen avait été payante. Dans ce France/Suède, l’alsacien est resté bloqué à deux arrêts, c’est Vincent Gérard qui lui a succédé, et qui a fait basculer le match. Omeyer, meilleur gardien de tous les temps, est tellement associé aux victoires passées, que le changer quand il n’est pas dedans passerait presque pour une prise de risque !

Daniel Narcisse n’est entré qu’en deuxième mi-temps, et a lui-aussi fait basculer le match. On avait déjà vu ça en 2009 en Croatie, dans une finale sulfureuse qui avait vu Guillaume Gille commencer. Du déjà-vu, mais encore fallait-il oser.

Malgré cela, les suédois mènent 26/25 à la 49e. A ce moment précis, le bras gauche de Nedim Remilli a fait la différence, et le droit de Kentin Mahé n’a pas tremblé au pénalty. Sans oublier le match encore très solide de Ludovic Fabregas, ce qui devient une habitude.

Tout ça pour dire qu’on s’est régalé, qu’on a vraiment vibré pour la première fois de ce Mondial, et que la galerie des sauveurs de la Patrie s’est étoffée de quelques visages. Pas de français dans les meilleurs buteurs, on en a un peu l’habitude, mais Karabatic et Narcisse sont dans les dix meilleurs passeurs. Malgré un beau parcours, les slovènes ne semblent pas en mesure de bousculer tout ça et de nous priver d’une nouvelle finale.

Même si le bilan lui est très favorable contre son compatriote, ça devrait être plus dur pour Roger contre « Stan the man ».

Là-aussi un match de bonhommes.

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