RÉVOLUTION


L’émancipation n’est plus ce qu’elle était.

De glorieux anciens ont donné leur sang ou, ce qui est moins dangereux, respiré un peu de gaz lacrymogène pour que tout le monde puisse aujourd’hui, assumer les choix qu’il fait pour sa propre vie. Certains, ou certaines, ont même dû affronter les quolibets d’une Assemblée Nationale aussi bienveillante qu’un groupe de cagoulés dans une cage d’escalier du Franc-Moisin. Vous savez, la chaleureuse cité où jadis Joey et Kool déclamaient quelques vers entre une tournante et une séance de botanique.

Ces décennies de luttes n’avaient pour but que de permettre à qui faisait un choix, pas forcément conseillé par ses pairs, de le faire en toute liberté. Pas forcément au sens soixante- huitard du terme, mais sans dépendre corps et âme d’un homme, d’un groupe ou d’une institution, tout en se sentant protégé par cette dernière.

Je n’ai pas l’intention de nous embarquer dans un débat aussi stérile qu’un mulet, sur le port du voile ou la GPA. Par contre, j’ai un pote noir, si je vous jure que c’est vrai, qui voit plutôt d’un bon œil le fait de pouvoir s’assoir dans un bus.

Quant à moi, j’ai diné l’autre soir avec une femme qui pour m’exprimer sa joie d’avoir un compte en banque distinct de celui de son mari, n’a pas hésité à régler l’addition. Autant vous dire que devant l’expression d’une telle fierté, je n’ai pas jugé élégant d’insister pour partager.

Indépendant.

Par les temps qui courent, la liberté n’est plus trop un concept à la mode. Les rebelles d’antan sont devenus de fringants insoumis, chichement logés dans des taudis de 100 pauvres m2 en plein Paris. Che Guevara des temps modernes, ils luttent sans relâche, des pavés arpentés aux bancs du Palais Bourbon, pour qu’on rende aux victimes de l’ultra-libéralisme les cinq euros que Manu leur a volé. Leur combat est romantique, c’est celui du peuple qui travaille pour une misère ou pire encore, qui ne trouve pas de travail.

Quand les parents rêvaient d’Amérique du Sud ou de bergerie dans le Larzac, les enfants sont protégés par une France insoumise qui a l’audace de s’élever contre la hausse du forfait hospitalier ou la baisse des APL.

Plus question de rêve d’ailleurs ou d’autrement, l’aspiration du peuple est devenu l’ultra dépendance à un état protecteur, défenseur de la veuve et de l’orphelin.

De par le monde, certains ont succombés aux sirènes de la maçonnerie en bâtissant des murs tous plus conviviaux les uns que les autres. A chaque fois, le but est de protéger de paisibles populations contre les invasions barbares, qu’elles soient capitalistes, mexicaines ou palestiniennes.

Il faut bien dire que de perfides chinois avaient montré la voie il y a des siècles.

En France, on a la Ligne Maginot, dont l’efficacité a été toute relative quand il fallut repousser ces hordes de gaillards blonds venus nous envahir. Dire que ces lâches ont préféré passer à côté !

Depuis, les conclusions qui s’imposent ont été tirées.

En 1986, le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière et a fait demi-tour, prouvant que préserver nos thyroïdes était déjà une spécialité tricolore.

30 ans plus tard, c’est un symbole qui se dresse contre cette nouvelle invasion, bien plus puissante que toutes les précédentes, la mondialisation.

Le modèle social « à la française » est cette muraille.

Nos glorieux anciens l’ont érigée, les insoumis en sont les gardiens.

Un sacerdoce qui rappelle celui des frères jurés de la garde de nuit, qui protègent la frontière nord des 7 couronnes, contre des marcheurs qui eux, sont blancs.

Et pour ceux qui douteraient de la sincérité de leur engagement, certains n’ont pas hésité à joindre le geste à la parole.

Danielle Simonnet ou Alexis Corbière ont pratiquement pris les armes contre la spéculation immobilière en refusant dignement de cautionner cette hausse insoutenable des loyers parisiens. C’est avec un panache certain qu’ils ont gardé leur logement à loyer modéré, privant un odieux proprio de quelques centaines d’euros !

Quant à Jean-Luc lui-même, c’est contre l’hubérisation de l’économie qu’il s’est insurgé avec force. Dernièrement, de retour d’un difficile voyage aux Antilles, il a courageusement préféré distribuer l’argent de ses contributeurs à Air France plutôt qu’à une compagnie low-cost pas forcément reconnue pour sa fibre sociale.

Pendant que ses collaborateurs buvaient de la piquette et mangeaient des cacahouètes en seconde, il a poussé la rébellion jusqu’à se prendre un billet en business. Plus fort que le non port de la cravate au Parlement, c’est vous dire jusqu’où notre Chavez tricolore est prêt à aller pour changer le monde.

Le message est clair pour qui refuse de se soumettre à tous ces marcheurs et autres ennemis du peuple.

Comme Mélenchon, ne dilapidez pas vos maigres salaires, allocations chômage ou APL au profit de tous ces salauds.

Pas de blablacar, de Huber ni de Ouibus, prenez le TGV, si possible en 1ère.

Fini la malbouffe et les hard discounters, allez tous chez Fauchon ou chez Pétrossian.

S’il vous plait, arrêtons un peu de rouler dans des véhicules construits en Pologne ou en Roumanie par des ouvriers payés 300 € par mois.

Mais surtout, pour ceux qui ont la faiblesse d’habiter de l’autre côté du périph, refusez les pavillons et tous ces apparts neufs qui fleurissent dans les centres villes. Nos banlieues regorgent de citées toutes plus charmantes les unes que les autres. Si vous ne trouvez pas votre bonheur aux 4000 ou aux Tarterêts, pourquoi ne pas essayer la Grande Borne ou le Val Fourré ?

Si vous ne trouvez rien, c’est peut-être que vous êtes un peu difficiles.

Et pendant vos longues vacances, cessez de donner vos euros à des étrangers qui ne respectent aucune législation du travail.

Le tourisme français a beaucoup souffert ces dernières années, en particulier les palaces. C’est l’occaz de montrer un peu de patriotisme et d’humanité.

Cet été, n’allez pas en Grèce ou en Tunisie.

Réservez donc une semaine ou deux dans un de nos 24 palaces, au Georges V ou à l’Hôtel du Palais à Biarritz.

En pension complète, c’est mieux.

Et évitez le Négresco, cet établissement n’est plus ce qu’il était, il n’y a même pas de caviar au petit dèj.

Comme à l’Etap Hotel de Noisy le Sec.

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