LA LETTRE DE RABIOT (Deuxième partie)


Mais revenons un peu au football tant il est devenu assez rare d’avoir des moutons comme animal de compagnie.

On peut comprendre que les télés aient privilégié les heureux élus, avec des reportages bien ficelés, qui montrent des gens souriants qui du coup tiennent un discours positif.

D’ailleurs, on peut se poser la question des fuites.

Comment cette mini-interview de Tolisso a-t-elle été possible ?

Pari réussi de la rédaction de TF1, ou petit coup de pouce de Dédé ?

Finalement, ce n’est pas bien grave.

Imaginons un pari raté, ou pire, une télé qui aurait voulu foutre un peu le boxon.

- Nous sommes en direct de la modeste villa londonienne de 800 m2 d’Alexandre Lacazette.

Il est revenu il y a dix minutes de son entraînement à Arsenal. Le voilà en peignoir qui sort de sa piscine à vagues même pas olympique.

- Ouech, t’as allumé la télé ?

- Ben je ne sais pas où elle est.

- Elle est autour de toi bolos !

- Autour de moi ?

- Bah oui, c’est un écran 360° de 17 mètres, je l’ai racheté au Futuroscope.

- Ah ok.

« Les 23 titulaires sont …

Les 11 suppléants sont… »

- Alexandre, ça va, pas trop déçu ?

- Sa mère…

- Quoi ?

- Sa race…

- En plus vous avez l’habitude, c’est la troisième fois que ça vous arrive ?

Dans deux jours vous n’y penserez même plus, vous siroterez une bonne pinacolada sur une plage des Maldives…

- Je préfère le mojito bouffon.

Je ne connais pas Lacazette et le portrait qui en est brossé est purement fictif.

Par contre, j’ai vraiment du mal à voir le moindre des recalés dire à sa femme :

- On ne part pas aux Seychelles ma chérie, je me dois de rester à la disposition du sélectionneur.

- C’est pas grave mon amour, on ira au VVF de Saint-Jean de Monts, comme ça au moindre coup de fil, tu prends un Blablacar pour Clairefontaine.

Et là on peut dire ce qu’on veut, les proches de ceux qui espéraient faire un ptit tour en Russie n’ont pas dû y aller de main morte, et pas forcément dans le politiquement correct.

Éric Cantona si tu lis ces quelques lignes, on rappelle à nos jeunes lecteurs que jadis en pareil cas, tu qualifias ton coach de sac à merde !

Alors prendre sa plume et écrire au Président de la 3F pour lui dire que tu ne te mettrais pas au service de l’équipe de France…

Monsieur le Président

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps

Franchement, c’est plutôt marrant.

Et suranné.

Le problème, c’est qu’Adrien Rabiot n’est pas réputé pour être un coéquipier modèle.

« Il fait trop froid, je ne veux pas jouer à ce poste,… »

La légende d’une mère que d’aucuns disent possessive rajoute certainement à cette image d’enfant gâté.

Franchement, Adrien abuse et ferait bien de la fermer un peu, de prendre un bon coup de pied au cul et d’aller au mastic.

Sinon je ne sais pas qui il est vraiment, et je suis sûr qu’il existe une tripotée de gars à l’état d’esprit moyennement altruiste.

Après tout s’il veut réagir comme ça.

Que ça ne soit pas un bon calcul pour son avenir en bleu ou pour la négociation de son contrat est un autre problème.

Qui ne m’intéresse pas plus que ça.

On peut disserter des heures sur l’indécence de certains salaires, ou sur le statut de héros des temps modernes de tous ces gominés en crampons, ils restent des hommes.

Surtout Rabiot qui n’est pas gominé.

Attendre une nouvelle importante et apprendre à la télé qu’on n’est pas invité au bal doit être fatalement une épreuve difficile.

Même avec une Rolex au poignet en dégustant un verre de Romanée-Conti.

Et on en revient à la petite fable du début.

N’est-ce pas le rôle d’un sélectionneur que d’apprendre lui-même la mauvaise nouvelle à un joueur ?

Pas nécessairement de lui donner les raisons de sa non-sélection, mais au moins lui dire ce qu’il attend de lui pour réintégrer l’équipe.

Ça ne change pas grand-chose pour ceux qui sont là, mais en agissant ainsi, on œuvre pour plus de monde.

Et en prime, on suscite le respect de tous, pas seulement de ceux que l’on choisit.

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