L'IDOLE


Ce 16 juin 2018, les bleus vont enfin marquer le sol Russe de leurs crampons.

Dans deux jours, l’appel fêtera un anniversaire de plus.

La veille, Johnny aurait eu 75 ans.

L’idole des jeunes, et des moins jeunes. Certains fans se rappellent à peine du prénom de leur femme, ou au pire, dépassent péniblement le sixième chiffre de leur numéro de sécurité sociale.

On s’en fiche, le traitement d’Alzheimer n’est même plus remboursé par la vénérable institution.

Le milieu de terrain espagnol a donné mal à la tête à tout le monde, et en particulier à ses homologues portugais qui ont plus souvent gobé les mouches que tâté le cuir du ballon.

Et d’ailleurs, est-il toujours en cuir ?

Encore un coup des intégristes vegans ou de l’industrie pétrochimique.

Isco, Iniesta, Silva, Busquets et les autres ont confisqué la baballe pendant les deux tiers du match.

Ce n’est pas le chiffre qui impressionne.

Après tout, on peut jouer et éventuellement gagner un match avec une stratégie plus directe et moins possessive.

Mais quel récital !

Pas les sept nains mais les quatre lutins.

Quand ils ne sont pas cinq.

Les doigts d’une main de fer dans un gant de velours, qui règne en maîtresse sur l’entrejeu.

Jamais trop vu depuis le carré magique français des années 80.

Ce n’est que le premier match, et rien ne dit que la Rioja ira au bout, mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir vu un tel match.

Un peu comme le Châteauroux- Guingamp de 2011 où des merlus déchainés arrachèrent le nul à Gaston Petit.

Les merlus c’est plutôt Lorient, mais ça ne change pas grand-chose.

Et les portugais dans tout ça !

Après tout ils sont quand même champions d’Europe en titre après ce hold up de juillet 2016 où Ederzito Antonio Macedo Lopes a volé la coupe dans le coffre de la Clio de Dédé.

L’occasion inespérée de vous reparler de ce café au coin de ma rue où la Super Bock coula à flots ce jour-là.

Et bien j’ai presque envie d’y aller maintenant.

Pas pour boire une binouze, je viens à peine de terminer mon petit-dèj.

Non pour dire que le triplé de Cristiano est presque un non-évènement.

Un pénalty qu’on peut discuter, vous me direz comme 73% des pénaltys.

Une bourde de De Gea que ne renierait pas un certain Karius.

Un coup franc magnifique, pour un gars qui n’en marque pas tant que ça.

Un triplé, buteur dans quatre coupes du monde, blablabla…

Là-aussi on comptera les bouses à la fin de la foire.

Imaginons la scène :

- Bonjour messieurs.

- Bon dia.

- Une 1664 s’il vous plait ?

- Mais qu’est-ce que c’est, prenez donc une Super Bock, comme tout le monde. Ou alors une Sagres.

Et comme je suis un homme affable, pourquoi ne pas dire oui et en boire une dizaine avec mes nouveaux amis tout en devisant sur ce match de la veille.

Une heure plus tard, je pourrais bien me retrouver en train de cavaler sur le trottoir poursuivi par des enragés qui veulent me faire la peau armés de truelles et de canettes de bières.

Et pas du tout parce que j’aurais pu tenter de faire marrer tout le monde avec une imitation d’accent truculent, ou quelques vannes innovantes sur la pilosité ou la taille de leur outil.

Non juste pour avoir osé égratigner l’Idole.

Cristiano himself.

CR7, qui malgré les apparences n’est pas un utilitaire de chez Peugeot.

Juste avoir osé dire que sa finale contre Liverpool était pitoyable, ainsi que la sortie médiatique qui s’en était suivie.

Que si son triplé contre les cousins ibères est statistiquement fabuleux, il est presque anecdotique, et qu’il faut juste l’apprécier pour ce qu’il est.

Aujourd’hui, une autre idole foulera le gazon.

Messi, lui-aussi icône intouchable de tout un peuple.

On verra.

Pas sûr que la présence d’un dieu vivant dans l’équipe soit une condition suffisante pour être champion du Monde.

Maradona l’a fait.

Zizou a failli le faire.

Mais depuis, on a plus vu des prestations collectives abouties que des solistes invraisemblables.

Et les bleus dans tout ça ?

Pas d’idole intouchable, malgré Grizou ou Kilyan.

Là-aussi on verra.

L’occasion d’aller boire une Super Bock au café-tabac de la Poste, où le petit jaune et la Kro coulent avec une modération relative.

Surtout si Grizou nous met un triplé.

Ou Kylian.

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