C'EST PAS POSSIBLE LES RUSSES SONT CHARGES


Les gros bras ont connu des fortunes diverses.

Le foot est un sport qui mérite plus que tout autre son label de glorieux incertain.

Un petit Poucet bien organisé peut, avec un peu de chance, faire plier un caïd.

Totalement impossible dans tout autre sport collectif majeur, hormis aux championnats de l’Essonne de fléchettes en double mixte.

Et encore !

Le premier match de la Roja est difficile à analyser, avec la grosse performance de son milieu de terrain et un triplé irrationnel de CR7.

En général il est de bon ton de démarrer la compétition en mode diesel.

A l’Italienne.

On a été servis avec l’Angleterre et la France, qui s’en sont sortis avec un 2/1 plutôt flatteur, face à deux équipes aussi valeureuses que fleurant bon la Ligue 2, qu’elle soit britannique ou française.

Et plus encore avec les matchs nuls des deux poids lourds sud-américains.

L’Argentine d’un Leo Messi qui décidément vit un cauchemar à chaque Mondial.

Et ce, alors que son ami Cristiano vient d’en claquer trois.

Et le Brésil d’un Neymar qui pour le moment est champion du Monde de la coupe de cheveux. Entre la crête et la banane, entre Billy Idol et les Chaussettes Noires, presque aussi fort que son compatriote Ronaldo en 1998.

Mais que dire des Allemands !

Quadruple vainqueurs, tenants du titre.

Ceux-là même qui jadis nous martyrisèrent, qui humilièrent la selecao à domicile.

Mais que s’est-il passé, cueillis à froid par de fringants Mexicains.

Viva Zapata !

Il va leur falloir maintenant mater la Suède, sinon l’aventure pourrait tourner court.

Sinon il reste la Belgique.

Non, ce n’est pas une blague.

Un match solide contre Panama, plus connu pour son canal et ses chapeaux que pour son équipe de football.

Toujours un peu difficile de prendre nos cousins d’outre-Quiévrain au sérieux, de les considérer comme de sérieux prétendants.

Il faut dire que pour le moment, ils n’ont pas gagné grand-chose.

Peut-être pour cette fois.

Ou pas.

Et les Russes !

Parlons-en après les débuts en fanfare du pays organisateur.

5/0 et 3/1, contre l’Arabie Saoudite et l’Egypte de Mohamed Salah.

Vladimir doit jubiler en dégustant un petit bœuf Strogonoff, attablé dans le jardinet de sa modeste datcha de la grande banlieue moscovite.

Malgré les performances pitoyables de cette équipe durant les derniers mois, il n’est pas question de céder à la facilité.

Ce n’est pas parce que le passé médico-sportif de cette grande nation est tout juste entaché de vagues suspicions que je me laisserais aller à l’hypothèse d’une quelconque aide biochimique.

Et pourtant, depuis Valeriy Borzov et Ivan Drago, on sait bien que nos amis slaves n’ont en général rien contre une petite piquouze.

Contrairement aux autres pays qui eux marchent à l’eau claire et à la vitamine C, dans le respect total de l’éthique sportive, et de la santé de leurs rejetons qui naissent rarement avec trois jambes ou deux prostates.

C’est en tout cas ce qui se disait à mots à peine couverts dans les bars où l’on parle plus de foot que de la grève SNCF, mouvement social magnifique qui risque de ne pas survivre à la Coupe du Monde.

Malgré tous les efforts d’une CGT plus que jamais fer de lance du progrès social.

Je me dois quand-même de rassurer mes proches et ma famille, tous d’assidus lecteurs de ces chroniques.

Ne t’inquiète pas Maman, je ne passe pas ma vie dans les bistrots, ni vautré dans mon canapé à mater trois matchs par jour, sans compter ces émissions d’analyses d’avant, de pendant et d’après-match.

Toutes plus pertinentes les unes que les autres.

J’ai un travail auquel je me rends régulièrement au moins deux fois par semaine.

Et j’ai enfin pris la décision de définitivement finir cette terrasse, après une période de réflexion intense de deux ans et demi.

Ni une ni deux.

Et crac, me voilà à l’accueil de ce vendeur de matériaux pour une commande de 2m3 de mignonette, qui comme chacun sait n’est que du gravier, mais en plus petit.

Il s’agit juste de trouver une fenêtre de tir dans mon agenda professionnel surchargé pour régler le détail de la livraison de ce tas de cailloux de plus de trois tonnes.

- Vous pouvez me livrer lundi ?

- Non impossible, mardi si vous voulez ?

- Non c’est moi qui ne peux pas. Mercredi ?

- Ah non Monsieur, impossible.

- Pourquoi ?

- Il y a le Portugal qui joue !

Et dire qu’on prenait les Portugais pour des gens sérieux et travailleurs.

Ma terrasse attendra quelques jours de plus, après tout on n’est plus à ça près.

Tant pis pour les amis que je comptais inviter ce weekend pour un petit BBQ.

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