CHRONIQUES MONDIALISTES

Dans la tire à Dédé, j'en ai fait des virées

Dans la team à Dédé, j'en ai eu des trophées..

L'IDOLE

Ce 16 juin 2018, les bleus vont enfin marquer le sol Russe de leurs crampons.

Dans deux jours, l’appel fêtera un anniversaire de plus.

La veille, Johnny aurait eu 75 ans.

L’idole des jeunes, et des moins jeunes. Certains fans se rappellent à peine du prénom de leur femme, ou au pire, dépassent péniblement le sixième chiffre de leur numéro de sécurité sociale.

On s’en fiche, le traitement d’Alzheimer n’est même plus remboursé par la vénérable institution.

Le milieu de terrain espagnol a donné mal à la tête à tout le monde, et en particulier à ses homologues portugais qui ont plus souvent gobé les mouches que tâté le cuir du ballon.

Et d’ailleurs, est-il toujours en cuir ?

Encore un coup des intégristes vegans ou de l’industrie pétrochimique.

Isco, Iniesta, Silva, Busquets et les autres ont confisqué la baballe pendant les deux tiers du match.

Ce n’est pas le chiffre qui impressionne.

Après tout, on peut jouer et éventuellement gagner un match avec une stratégie plus directe et moins possessive.

Mais quel récital !

Pas les sept nains mais les quatre lutins.

Quand ils ne sont pas cinq.

Les doigts d’une main de fer dans un gant de velours, qui règne en maîtresse sur l’entrejeu.

Jamais trop vu depuis le carré magique français des années 80.

Ce n’est que le premier match, et rien ne dit que la Rioja ira au bout, mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir vu un tel match.

Un peu comme le Châteauroux- Guingamp de 2011 où des merlus déchainés arrachèrent le nul à Gaston Petit.

Les merlus c’est plutôt Lorient, mais ça ne change pas grand-chose.

Et les portugais dans tout ça !

Après tout ils sont quand même champions d’Europe en titre après ce hold up de juillet 2016 où Ederzito Antonio Macedo Lopes a volé la coupe dans le coffre de la Clio de Dédé.

L’occasion inespérée de vous reparler de ce café au coin de ma rue où la Super Bock coula à flots ce jour-là.

Et bien j’ai presque envie d’y aller maintenant.

Pas pour boire une binouze, je viens à peine de terminer mon petit-dèj.

Non pour dire que le triplé de Cristiano est presque un non-évènement.

Un pénalty qu’on peut discuter, vous me direz comme 73% des pénaltys.

Une bourde de De Gea que ne renierait pas un certain Karius.

Un coup franc magnifique, pour un gars qui n’en marque pas tant que ça.

Un triplé, buteur dans quatre coupes du monde, blablabla…

Là-aussi on comptera les bouses à la fin de la foire.

Imaginons la scène :

- Bonjour messieurs.

- Bon dia.

- Une 1664 s’il vous plait ?

- Mais qu’est-ce que c’est, prenez donc une Super Bock, comme tout le monde. Ou alors une Sagres.

Et comme je suis un homme affable, pourquoi ne pas dire oui et en boire une dizaine avec mes nouveaux amis tout en devisant sur ce match de la veille.

Une heure plus tard, je pourrais bien me retrouver en train de cavaler sur le trottoir poursuivi par des enragés qui veulent me faire la peau armés de truelles et de canettes de bières.

Et pas du tout parce que j’aurais pu tenter de faire marrer tout le monde avec une imitation d’accent truculent, ou quelques vannes innovantes sur la pilosité ou la taille de leur outil.

Non juste pour avoir osé égratigner l’Idole.

Cristiano himself.

CR7, qui malgré les apparences n’est pas un utilitaire de chez Peugeot.

Juste avoir osé dire que sa finale contre Liverpool était pitoyable, ainsi que la sortie médiatique qui s’en était suivie.

Que si son triplé contre les cousins ibères est statistiquement fabuleux, il est presque anecdotique, et qu’il faut juste l’apprécier pour ce qu’il est.

Aujourd’hui, une autre idole foulera le gazon.

Messi, lui-aussi icône intouchable de tout un peuple.

On verra.

Pas sûr que la présence d’un dieu vivant dans l’équipe soit une condition suffisante pour être champion du Monde.

Maradona l’a fait.

Zizou a failli le faire.

Mais depuis, on a plus vu des prestations collectives abouties que des solistes invraisemblables.

balade

Et les bleus dans tout ça ?

Pas d’idole intouchable, malgré Grizou ou Kilyan.

Là-aussi on verra.

L’occasion d’aller boire une Super Bock au café-tabac de la Poste, où le petit jaune et la Kro coulent avec une modération relative.

Surtout si Grizou nous met un triplé.

Ou Kylian.

L'IMPORTANT...

C’est la rose…

Nous chanterait Guy Béart entre deux AVC.

Sinon il y a la version d’Olivier Faure un soir de banquet.

Oui j’ai bien dit Olivier, pas Edgard.

Il est vrai qu’en ces temps de mainmise politique des marcheurs, plus personne ne connait le charismatique premier secrétaire du PS.

C’est vraiment dommage quand on sait qu’avant la chanson sus-citée, les camarades serveurs nous gavaient de pâté en croûte Auchan, rayon traiteur je précise.

Le tout arrosé d’un Champomy bien tiède, il faut dire que Claude Evin faisait partie des joyeux convives.

Ceci explique sans doute cela !

Olivier si tu me lis, il est temps de prendre des mesures révolutionnaires pour relancer le Parti.

Une Marseillaise ou une Internationale enfiévrée, le poing levé et les yeux rougis par…

Par quelques gobelets d’un rouquin qui taquine.

Et arrête Guy Béart, même dans la maison de retraite de ma grand-mère plus personne ne le connait.

Et rien à voir avec Alzheimer…

Mais revenons un peu à notre chère Coupe du Monde.

L’important, c’est les trois points.

Alors celle-là, on nous l’a servie à toutes les sauces depuis ce France-Australie qui ne restera pas dans les mémoires.

Chacun sait qu’il n’y a aucune corrélation entre la qualité d’un premier match et la performance finale.

L’histoire du sport regorge d’exemples ou de contre-exemples où le futur champion aurait très bien pu passer à la trappe après une entrée en lice pitoyable.

Et là, comme Madame, on est servi.

Rabaisser la qualité de cette équipe australienne est un jeu auquel je ne jouerai pas.

Je veux bien admettre que tactiquement ils étaient bien en place.

Qu’ils aient mis beaucoup de détermination dans les duels.

Que jouer à midi est un horaire inhabituel.

Que beaucoup de jeunes français jouaient leur premier match dans cette compétition planétaire.

Que Dédé, pour une fois, s’était montré joueur dans sa composition.

Et blablabla et blablabla…

Comme d’hab dans notre pays, la vindicte populaire est prompte à lyncher ceux qu’elle adulait la veille, et lycée de Versailles.

Loris a été très solide, alors qu’on voulait le remplacer par Mandanda après une saison moyennement rassurante.

Ceux qui voulaient la tête enturbannée de Giroud ont été les premiers à se lamenter de la prestation de notre trident offensif.

Pogba a épuré son jeu, et sa coupe de cheveux, et il a donné la victoire aux Bleus.

La victoire.

Un pénalty provoqué et transformé par Grizou malgré un cinoche pénible du portier des aussies.

Si on voit l’action au ralenti, on l’accorde sans problème.

Si on la revoit, un peu moins.

Puis plus du tout, puis à nouveau, …

Pareil pour le 100e visionnage, le 101e, le 102e…

En fait le débat n’est pas là.

C’est juste que le match continuait, sans que personne n’y trouve à redire quoi que ce soit, quand l’arbitre accorde un penalty sorti de nulle part.

Surprenant.

La magie de l’assistance vidéo.

Comme si votre téléphone sonnait pendant une balade en forêt et que votre banquier vous annonçait qu’un virement de 2500 € venait de tomber sur votre compte. Alors que vous ne saviez même pas comment financer votre plein pour aller cet été à Saint-Jean de Monts.

Sans parler de votre budget glaces et gaufres au Nutella.

A peine le temps de célébrer ce but étrange, juste celui de déboucher une canette sans la boire.

Samuel Umtiti, défenseur central du Barca, comprend qu’il ne pourra mettre la tête sur ce centre australien.

Alors il met la main.

Comme Thierry Henri.

Comme la main de Dieu de Diégo.

Mais eux c’était pour marquer, au pire s’ils se font prendre, c’est but refusé et biscotte jaune.

Tandis que là, aucune chance de ne pas se faire serrer, et en plus pour rien car il n’y a personne.

Sacré Samuel.

Là-aussi, une action de dupe.

Heureusement, Paul Pogba nous en colle un d’une clarté sibylline à dix minutes de la fin.

Un coup de patte en bout de course que le défenseur propulse sous la barre, à des années lumières de sa destination initialement prévue.

A peine contré par le défenseur.

Juste sous la barre.

Et là, deuxième coup de pouce technique, la golden line technology permet à l’arbitre d’accorder ce but.

La France est décidément l’équipe la plus high-tech de ce début de Mondial.

Mais le drame dans tout ça n’est pas là.

Après une première mi-temps soporifique malgré les dribbles tous plus inefficaces les uns que les autres de Kylian, j’ai fini par m’endormir.

Sur ce canapé dont je tairai la matière pour ne pas choquer mon large lectorat vegan.

Un ptit somme de dix minutes, pas plus.

Un petit café pour relancer la machine.

Fekir et Giroud sont entrés mettre un peu d’ordre et de mouvement dans une attaque qui en manquait sérieusement, quand ma prostate me rappelle que je ne suis plus un jeune homme. Et que le café a des vertus diurétiques.

Un petit tour dans le compost, au fond du jardin, et là j’entends quelques coups de klaxon malgré son interdiction en ville.

Le temps de faire les 250 mètres qui me séparent de la télé, vous aurez compris que je suis un gros propriétaire foncier.

Et en plus, même pas en Seine et Marne.

Et là, je vois ce 2/1 qui s’affiche fièrement en haut à gauche de mon modeste écran plat de 164cm.

Un match de dupes vous disais-je.

Deux pénauds surréalistes et un but que je n’ai pas vu !

Mais je sais retenir les dures leçons que la vie nous donne parfois.

Pas de sortie nocturne en boite de nuit la veille de France-Pérou.

Un litre de café et un bassin en cas de besoin pressant.

De quoi ne pas rater une miette d’un match où on ne risque pas grand-chose contre des gars plus enclins à jouer de la flûte de Pan au métro Saint-Michel qu’à faire du sport de haut niveau.

C'EST PAS POSSIBLE LES RUSSES SONT CHARGES

Les gros bras ont connu des fortunes diverses.

Le foot est un sport qui mérite plus que tout autre son label de glorieux incertain.

Un petit Poucet bien organisé peut, avec un peu de chance, faire plier un caïd.

Totalement impossible dans tout autre sport collectif majeur, hormis aux championnats de l’Essonne de fléchettes en double mixte.

Et encore !

Le premier match de la Roja est difficile à analyser, avec la grosse performance de son milieu de terrain et un triplé irrationnel de CR7.

En général il est de bon ton de démarrer la compétition en mode diesel.

A l’Italienne.

On a été servis avec l’Angleterre et la France, qui s’en sont sortis avec un 2/1 plutôt flatteur, face à deux équipes aussi valeureuses que fleurant bon la Ligue 2, qu’elle soit britannique ou française.

Et plus encore avec les matchs nuls des deux poids lourds sud-américains.

L’Argentine d’un Leo Messi qui décidément vit un cauchemar à chaque Mondial.

Et ce, alors que son ami Cristiano vient d’en claquer trois.

Et le Brésil d’un Neymar qui pour le moment est champion du Monde de la coupe de cheveux. Entre la crête et la banane, entre Billy Idol et les Chaussettes Noires, presque aussi fort que son compatriote Ronaldo en 1998.

Mais que dire des Allemands !

Quadruple vainqueurs, tenants du titre.

Ceux-là même qui jadis nous martyrisèrent, qui humilièrent la selecao à domicile.

Mais que s’est-il passé, cueillis à froid par de fringants Mexicains.

Viva Zapata !

Il va leur falloir maintenant mater la Suède, sinon l’aventure pourrait tourner court.

Sinon il reste la Belgique.

Non, ce n’est pas une blague.

Un match solide contre Panama, plus connu pour son canal et ses chapeaux que pour son équipe de football.

Toujours un peu difficile de prendre nos cousins d’outre-Quiévrain au sérieux, de les considérer comme de sérieux prétendants.

Il faut dire que pour le moment, ils n’ont pas gagné grand-chose.

Peut-être pour cette fois.

Ou pas.

Et les Russes !

Parlons-en après les débuts en fanfare du pays organisateur.

5/0 et 3/1, contre l’Arabie Saoudite et l’Egypte de Mohamed Salah.

Vladimir doit jubiler en dégustant un petit bœuf Strogonoff, attablé dans le jardinet de sa modeste datcha de la grande banlieue moscovite.

Malgré les performances pitoyables de cette équipe durant les derniers mois, il n’est pas question de céder à la facilité.

Ce n’est pas parce que le passé médico-sportif de cette grande nation est tout juste entaché de vagues suspicions que je me laisserais aller à l’hypothèse d’une quelconque aide biochimique.

Et pourtant, depuis Valeriy Borzov et Ivan Drago, on sait bien que nos amis slaves n’ont en général rien contre une petite piquouze.

Contrairement aux autres pays qui eux marchent à l’eau claire et à la vitamine C, dans le respect total de l’éthique sportive, et de la santé de leurs rejetons qui naissent rarement avec trois jambes ou deux prostates.

C’est en tout cas ce qui se disait à mots à peine couverts dans les bars où l’on parle plus de foot que de la grève SNCF, mouvement social magnifique qui risque de ne pas survivre à la Coupe du Monde.

Malgré tous les efforts d’une CGT plus que jamais fer de lance du progrès social.

Je me dois quand-même de rassurer mes proches et ma famille, tous d’assidus lecteurs de ces chroniques.

Ne t’inquiète pas Maman, je ne passe pas ma vie dans les bistrots, ni vautré dans mon canapé à mater trois matchs par jour, sans compter ces émissions d’analyses d’avant, de pendant et d’après-match.

Toutes plus pertinentes les unes que les autres.

J’ai un travail auquel je me rends régulièrement au moins deux fois par semaine.

Et j’ai enfin pris la décision de définitivement finir cette terrasse, après une période de réflexion intense de deux ans et demi.

Ni une ni deux.

Et crac, me voilà à l’accueil de ce vendeur de matériaux pour une commande de 2m3 de mignonette, qui comme chacun sait n’est que du gravier, mais en plus petit.

Il s’agit juste de trouver une fenêtre de tir dans mon agenda professionnel surchargé pour régler le détail de la livraison de ce tas de cailloux de plus de trois tonnes.

- Vous pouvez me livrer lundi ?

- Non impossible, mardi si vous voulez ?

- Non c’est moi qui ne peux pas. Mercredi ?

- Ah non Monsieur, impossible.

- Pourquoi ?

- Il y a le Portugal qui joue !

Et dire qu’on prenait les Portugais pour des gens sérieux et travailleurs.

Ma terrasse attendra quelques jours de plus, après tout on n’est plus à ça près.

Tant pis pour les amis que je comptais inviter ce weekend pour un petit BBQ.

NOS COUSINS GERMAINS

Djibril Sidibé est un bon joueur.

Malheureusement pour lui, il s’est blessé au ménisque le 19 avril, soit moins de deux mois avant le Mondial.

Opéré, pas opéré, sélectionné, ou pas, le monégasque a dû vivre une période de doute pas évidente.

Et la poisse continue, il prend un sale coup lors du dernier match de prépa contre les USA.

Du coup, c’est Benjamin Pavard qui a fait les deux premiers matchs en étant satisfaisant au poste d’arrière droit. Djibril est venu en Russie pour jouer une compétition planétaire, il se retrouve pour le moment à disputer la Coupe du Monde des coiffeurs. Avec il est vrai, une victoire 11/0 contre les U19 du Spartak.

Son compagnon de banc Florian Thauvin vient à peine de quitter le point presse des bleus quand Djibril vient s’assoir sur le siège encore chaud.

L’exercice n’est pas forcément évident, et ce d’autant que le défenseur n’a pas mis un pied sur le terrain.

On sait tous que le journaliste sportif n’est pas toujours d’une bienveillance paternelle, et nul doute que l’état d’esprit du gazier va être testé.

Sait-on jamais, des fois qu’il craque :

- Vous n’en n'avez pas marre d’être sur banc ?

- J’en ai ras le cul. Pavard est un gros toquard et Descamps un sac à merde.

Éric, si tu lis cette chronique…

Ca ne rate pas, après une question d’usage sur sa santé, quelqu’un lui demande si ce n’est pas trop dur d’être remplaçant, surtout, cerise sur le gâteau, qu’il est venu dans la peau d’un titulaire.

Mais Djibril a su faire le métier et nous servir un discours politiquement correct sur la nécessité de travailler, et de se tenir prêt au cas où le coach ferait appel à lui.

- C’est sûr que quelque part y’a un peu de frustration sachant que j’ai joué la plupart des matchs avant le Mondial. Comme je le répète, c’est un rêve pour moi de disputer ce Mondial. Beaucoup de joueurs rêveraient d’être à ma place aujourd’hui.

Un peu contradictoire, vous ne trouvez pas ?

Le rêve, …et le cauchemar, défini comme une légère frustration.

D’autant que sa phrase suivante est édifiante.

- Donc en quelque sorte, on va se rabaisser pour le collectif.

Se rabaisser !!!

Mettre sa fierté de côté, la fermer et marcher droit !

Si c’est se rabaisser que d’accepter un statut de remplaçant, que pourrait-on dire de ceux qui payent, lèchent des bottes, ou pire encore.

Quant à coucher !

Vade retro, la morale qui m’habite m’empêche même de juste y penser.

A la 94e minute de leur deuxième match contre la Suède, les Allemands sont virtuellement éliminés.

La malédiction du tenant du titre.

Comme la France en 2002, l’Italie en 2010 et l’Espagne en 2014 !

Cueillis à froid au premier match par des Mexicains survoltés, ils se font surprendre à la 32e minute par Toivonen, le buteur Suédois.

Le tout pendant que Zlatan encaisse quelques patates de plus en sortant sa Visa dans les bars.

C’est marrant, personnellement j’ai plutôt tendance à en perdre quand je fais comme lui. D’autant que j’ai une copine qui a parfois un peu de mal à ne boire que du Perrier.

Bref, le but de Reus à la 49e ne suffit pas à rassurer la Mannschaft , qui en plus est réduite à 10 après la biscotte rouge de Boateng à la 82e.

Depuis 1870, on connait les qualités de combativité des allemands, assez peu démenties en 1914 et en 1939.

Malgré un âge qui avance, je n’ai pas eu le plaisir de vivre ces moments de franche camaraderie.

Par contre, des potes m’avaient invité à jouer un petit match dit amical au début des années 80 au camping du Col vert, dans les Landes.

Un match convivial entre touristes allemands et français.

Une boucherie.

Dans la lignée des drames de 82 et 86, avec peut-être à peine moins d’enjeu.

Certains tibias s’en souviennent, sauf Batiston qui lui ne se rappelle de rien, on se demande vraiment pourquoi.

Combattif, on disait.

Accrocheurs et rugueux.

Dans leur ADN de ne rien lâcher.

Et crac !

Coup franc de la dernière chance à la 95e, complètement excentré à gauche de la surface.

Frappe extraordinaire de Tony Kroos en pleine lunette.

Invraisemblable.

Magnifique.

Aucun souvenir du Brésil de 70, je devais jouer aux billes au VVF de Saint-Jean de Monts. A moins que ça ne soit au docteur.

Depuis la Hollande de 74 et 78, j’ai un peu de mal à vibrer pour une équipe autre que la France. Malgré ce qu’ils nous ont fait subir, il faut reconnaître les vertus de cette équipe qui après un tel scénario va être difficile à bouger.

Mais il faut raison garder et ne pas sombrer dans le grand n’importe quoi.

Si certaines femmes ont connu quelques tracas capillaires en 1939, on vit une période curieuse où certaines libertés sont rognées.

A l’inverse de la parole qui elle se libère, certains allant jusqu’à afficher des haines ou des passions jadis inavouables.

Ou certaines.

Alors que la mode est plutôt aux hommes typés, bruns ténébreux, latinos et autres peuplades exotiques, je suis persuadé qu’il reste en France certaines ménagères de plus de cinquante ans qui vibrent corps et âme pour la Mannschaft.

Et qui le revendiquent.

Quelle honte !

J’espère juste ne jamais devoir mater un match France / Allemagne aux côtés d’une telle créature qui hier soir a dû sortir boire des bières, briser des vitrines et brûler quelques voitures.

LE GROUPE VIT BIEN…

Mais l’équipe joue mal.

L’amie chère qui m’a convié à partager ce France/Danemark a bien certaines qualités, mais elle n’a pas les moyens de s’offrir un abonnement BEIN.

Après tout, on ne peut pas tout avoir.

L’occasion à peine par défaut de se faire un petit match sur TF1.

Comme avant.

Y’en a qu’une, c’est la une, nous martelait un jingle de 1987.

La grande époque, celle de Jean Claude Bourret et d’Yves Mourousi, de Thierry Roland et Jean Michel Larqué.

Le premier s’en est allé sous d’autres cieux, et le deuxième ne va pas tarder à le faire. Après quelques parties mémorables de chaises musicales, Grégoire et Bixente se sont assis à leur place.

Match à 16H00, horaire idéal pour une petite sieste digestive, sans même se douter qu’elle continuerait pendant 1H45.

Pour se rassurer et entrer dans le match, rien de tel que d’allumer la télé à 15H30, de voir qu’elle fonctionne et que tout ce petit monde s’échauffe avec application. Des courses, des plots, des frappes, mais surtout on voit les leaders charismatiques parler au reste du groupe.

Une belle image de cohésion et de solidarité.

Derrière le micro, nos joyeux drilles éclairent nos lanternes.

Six nouveaux ont endossé la tunique blanche pour apporter du sang neuf.

Si Nzonzi et Mandanda ne sont là que pour faire souffler Paul et Hugo, on nous apprend que Sidibé, Lemar, Kimpembe et Dembele ont sûrement un coup à jouer pour taper dans l’œil de plus en plus ovin de Dédé.

On pensait que Griezmann allait en profiter pour se reposer un peu, mais il est bien là pour retrouver la confiance et enfin entrer dans son mondial.

Et puis finir premier du groupe n’est pas seulement un objectif honorifique.

Eviter la Croatie en huitième est plutôt raisonnable, surtout que Thuram ne joue plus.

Pas mal comme pitch !

15H35, 40 peut-être, je ne me rappelle plus trop, ma sieste m’aillant laissé un peu dans le fuel, une petite pause pub me permet d’aller soulager une vessie décidément de plus en plus dissipée.

Vif comme le mollusque, je reviens prendre place dans ce canapé bon marché, sans doute d’origine suédoise.

Et là, je finis par me rendre compte qu’on n’est pas vraiment dans la pause.

On est dans le non-stop jusqu’au coup de sifflet, avec une pause pour les hymnes.

A part le génialissime Omar Da Fonseca, je ne suis pas fan de la team qui bosse sur BEIN. Loin de là.

Mais au moins, on s’évite une bonne demi-heure de pub, avant- match et mi-temps comprise.

Et si c’était une erreur stratégique ?

Une de plus dans ce monde de brutes.

Depuis deux ans, on nous explique en long, en large et en travers, que le leader technique des Bleus c’est Grizou, et que le jeu se doit de tourner autour de lui.

Pour lui, pour le mettre dans des conditions idéales et lui permettre d’exprimer son talent.

Comme Benzema il y quatre ans.

Je dois vous avouer que j’ai eu un peu de mal à le voir sur le terrain.

Ou alors c’était il y a plus d’un mois contre Marseille, en finale de la coupe Europa.

Alors il est temps de prendre une décision forte.

Il faut impérativement regarder le huitième sur TF1, comme ça on pourra voir Griezmann faire de belles choses.

Se raser, se laver les cheveux, mettre ses pompes, écouter de la musique, vider son sac de sport…

Et si on regarde bien, on peut même le voir réussir une passe ou marquer un but.

En fait, je viens de comprendre pourquoi Dédé le sortait à chaque match à l’heure de jeu.

Ce n’est pas du tout parce que le joueur de l’Atletico n’a pas été performant.

Non c’est juste pour lui éviter une fatigue inutile, lui qui commence ses matchs trente minutes avant les autres, et qui ne se repose même pas à la mi-temps.

Et en plus, trop se raser, ça fatigue. Pas moyen pour lui de faire comme les copains et de garder l’influx.

Mais ne nous égarons pas, revenons un peu à nos moutons.

Ce qui se passe sur le terrain est une chose, les interviews d’après-matchs en sont une autre.

Un exercice d’une honnêteté intellectuelle toujours spectaculaire.

D’abord de la part de celui qui tient le micro.

Pas facile, mettez-vous à sa place.

- L’équipe et vous-même avez été pitoyables, et comme des millions de français, et comme des millions de français, on s’est vraiment fait chier. Comment expliquez-vous cela ?

- Didier, votre équipe pratique un jeu soporifique, pire qu’un épisode de Derrick. Avez-vous été influencé par le travail de Horst Tappert ?

Dans ces conditions, l’accidentologie du travail risquerait une forte augmentation, ainsi que le taux de licenciement.Pour faute grave.Pour refus de léchage.Pour non adoration d’icone. Mais du côté des sportifs, c’est pas mal non plus.Une langue de bois comme on n’en trouve plus guère que chez les hommes politiques.Une fois l’importance des trois points subtilement martelée après les deux premiers matchs, on sait maintenant depuis hier que pour faire un bon match, il faut être deux.Tout est de la faute à ces maudits danois qui avaient garé le bus devant leur but.

- Ce n’est pas une couverture, c’est un édredon !

Signé Grégoire.

Margotton, pas le chanteur.

Tout est dit.Pourquoi se fatiguer à faire sauter un coffre-fort quand un match nul suffit à finir premiers de la poule !Juste pour faire vibrer un pays qui n’attend que ça pour s’enflammer.Et qui risque fort de renvoyer un ascenseur moyennement amical en cas d’élimination prématurée.Ou tout court d’ailleurs.Cette équipe nous endort tellement qu’elle risque fort d’en prendre plein la tronche si elle ne gagne pas. A commencer par son huitième contre l’Argentine de Messi revenue du royaume des morts.

Un match à notre portée si on court un peu et si on réussit des passes de plus de trois mètres. Je pense que Grizou sera de la fête, le cheveu propre et rasé de près.

Pas gagné pour Lémar et Sidibé, qui ont à peu près fait tout ce qu’il fallait pour manquer ce rendez-vous.

La faute aux Danois.

MPOGBAPPE

Quel est le sport national depuis hier ?

La grève de la SNCF s’essouffle un peu.

On s’apitoie de moins en moins sur le sort terrible des cheminots. Sauf pour qui aura le bonheur de prendre le train avec ses quatre enfants et ses six valises. Personnellement, je ne prendrai pas ce risque. Je préfère les envoyer deux mois en colo, comme ça ce sont les moniteurs qui s’en occuperont. Souvent pour la modique somme d’une trentaine d’euros journaliers, pour à peine plus de vingt heures de travail.

Des conditions beaucoup moins scandaleuses que leurs homologues du rail, et pourtant, on a peu de chance de les voir se mettre en grève. Sauf si la CGT ou Sud rail s’en mêle et décide de mettre un peu d’ordre dans cette jungle anarchique, ce qui est certainement un pléonasme.

C’est dommage, ça pourrait être vraiment drôle de voir une famille s’entendre dire que les monos sont en grève.

Juste en arrivant à Gare de Lyon après un périple invraisemblable en RER depuis une bourgade reculée et néanmoins charmante de Seine et Marne :

- Bonjour c’est bien ici le point de RV pour la colo de poney ?

- Oui Madame.

- Ouf, j’ai bien cru qu’on n’arriverait jamais !

- Par contre il y a juste un petit souci.

- Ah oui une grève SNCF ?

- Non c’est nous.

- Vous ?

- Oui les camarades et moi-même avons décidé avec une écrasante majorité de faire un débrayage de douze heures. Nous demandons à la direction de nous augmenter de quatre euros et de nous garantir au moins cinq heures de repos par jour.

- Mais comment on fait ?

- Amenez-les sur le centre en train ou prenez votre voiture…

- Mais et notre boulot ?

- Faites comme tout le monde, mettez-vous en grève !

Depuis le mouvement de Knysna en 2010 en Afrique du Sud, il est plutôt rare que des footballeurs se mettent en grève. La chose avait sans doute été bien admise par l’opinion publique, et côté salaire, les choses ne vont pas trop mal, sauf pour les joueurs de la Berrichonne, honteusement exploités par Michel Denisot et sa bande de maffieux.

Et puis quand on gagne, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais revenons un peu à ce sport national qui donc n’est pas l’arrêt de travail, perlé ou pas, avec ou sans préavis.

Non là on parle de « Jvous l’avais dit ».

Version assez répandue d’une mauvaise foi qui est décidément une des choses les mieux partagées en ce bas-monde.

Depuis hier, le retournement de veste prolifère autant que le lapin de Garenne dans le maquis corse, sauf quand il brûle accidentellement. Là ça fait du lapin grillé, tout de suite moins tendre qu’à la sauce moutarde.

Le symbole en est certainement Paul Pogba, le joueur français le plus décrié depuis plusieurs années maintenant.

Trop de chichis dans son jeu et de couleurs dans ses cheveux, mais surtout des déclarations que l’on peut interpréter comme légèrement prétentieuses.

En France, on n’aime guère ceux qui annoncent la couleur et disent qu’ils sont ou veulent devenir les meilleurs. Et qui ne le montrent pas de suite sur le terrain.

Les journalistes, après les avoir provoquées, ou au moins suscitées, lui ont chèrement fait payer ces mots.

Jusqu’à ce qu’il apporte les bonnes réponses, non pas derrière un micro, mais sur le terrain.

Là où ça compte vraiment.

Avant cette mise au point, ce garçon était tellement pisté, que le moindre de ses gestes était disséqué, jugé et commenté, souvent avec une bienveillance relative.

Je ne connais pas Paulo, je ne suis pas fan de ses frasques capillaires, mais je pense qu’il a dû se faire piéger par la presse, ou au moins certains de ses membres il y a quelques temps.

Depuis, il galère un peu, et il a eu beaucoup de mal à remonter une pente au pourcentage plus élevé qu’un col du pays basque.

On l’a vu et entendu en conférence de presse il y a quelques jours.

Une prestation marrante et originale, bien éloignée des standards du genre qui personnellement me saoulent.

Presque du niveau de celles de Kéké la braise ou Pierre Amboise aux Mondiaux d’athlé. Mais dans un sport moins médiatisé et après la victoire, moment de grâce où tout est permis.

Imaginez un peu comment on aurait bien pu recevoir une interview de Ribéri nous parlant de la chouchoune de son épouse ou Benzema évoquant ses rapports avec son chat !ançais depuis le début

Pogba est pour moi le meilleur français depuis le début de la compèt.

Dur dans les duels, élégant, passes courtes, passes longues…un régal.

Et pas de « Jvous l’avais dit »

Jvous l’avais même pas écrit.

Et je vous dois d’être honnête, je ne suis pas fan de Kylian Mbappé depuis plusieurs semaines au PSG, et depuis plusieurs matchs en bleu.

Trop perso comme on dirait dans la cour du collège.

Un dribbleur fou inefficace et qui oubliait tout le temps ses partenaires pourtant bien placés.

Un croqueur.

Exaspérant.

Un Garincha de banlieue.

Bondy, si si représente.

Mais quand ça marche, c’est magique !

Comme hier.

Une partition soliste dans un orchestre philharmonique bien rôdé.

Et là, ce n’est plus le même sport.

Il y a ceux qui font du foot, et ceux plus rares qui font autre chose, ce que les autres ne font pas.

Méa culpa Kylian, jusqu’ici je n’étais pas convaincu par tes performances en Russie.

Mais hier, tu nous as régalés.

Si en plus tu pouvais lâcher quelques balles de temps en temps au bon moment…

Et puis les gars, vous avez une occasion unique de prendre le pouvoir.

Les Dieux sont fatigués, et sont repartis chez eux se reposer.

Bonnes vacances Léo et Cristiano.

Aucun des deux n’a jamais mis le moindre but dans un match couperet de Coupe du Monde !

On verra bientôt pour Neymar.

Lâchez-vous et régalez-nous, l’Olympe vous tend les bras.

On s’en fout du Ballon d’or, mais pas d’une ptite Coupe Jules Rimet.

J'AIME PAS LA SPELEO

Je pense être bien rentré dans ma Coupe du Monde.

Les grèves s’essoufflent un peu.

Manu semble aussi dur que la Dame de fer, insensible à la souffrance de mineurs gallois en grève pendant un an, de mars 84 à mars 85.

Allez les gars, encore dix mois et vous battrez ce record.

Nordhal Lelandais fait ce qu’il peut pour étoffer un palmarès déjà impressionnant pour un joueur aussi jeune.

Redoine Faïd prouve avec un certain panache que croupir dans les geôles torrides de Seine et Marne n’est pas une fatalité.

Une troisième guerre mondiale ?

Un tsunami gigantesque qui dévasterait la moitié de la France, en dessous de 500 mètres d’altitude, avec juste l’Est parisien miraculeusement épargné ?

Franchement, des fois il ne faut pas chercher à lutter, l’actu est en Russie, du côté du ballon rond.

On imagine un peu de rififi dans certains couples où les canettes de bières englouties semblent plus nombreuses que les siestes crapuleuses.

Et que dire d’un léger laisser-aller professionnel aux alentours de 16H00, on se demande vraiment pourquoi.

Mais le secret dans la vie, c’est le partage.

Et je suis plutôt fier de vous dire que ma famille, mes amis et celle qui partage entre autres mes coquillettes au jambon sont eux-aussi, bien entrés dans leur compétition.

Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf pour les pauvres malchanceux qui sont nés outre-Rhin, ou du mauvais côté des Pyrénées. Les pauvres. Et que dire des mauvais patriotes qui soutenaient ces deux poids-lourd du foot ?

Bien fait pour eux, ou pire, pour elles !

Pour les belges ou les suisses, la blague ne durera plus très longtemps.

Reste nos nombreux amis portugais, et leurs hordes de femmes qui vouent un culte invraisemblable au dieu Cristiano.

Et même les mecs d’ailleurs.

Etonnant dans un pays latin où la virilité se mesure souvent à la taille de la truelle. Légèrement ambigu d’imaginer un gros balaise en maillot de corps qui kiffe à ce point une gravure de mode bronzée et surabdominée.

Et surtout d’accepter que sa femme s’enferme aussi souvent dans les toilettes avec un magazine de foot !

Comme lui il y a quelques décennies avec le catalogue de la Redoute.

Ou Blanche Porte, pour les amateurs de grannys molletonnées.

Pour le reste, on a enfin vu quelques beaux matchs.

On aurait aimé qu’au moins une équipe africaine passe le Cut, et le Japon a fait un match extraordinaire en huitième, malgré une défaite cruelle. Je ne dis pas ça pour le folklore, mais pour attester de l’universalité de ce sport.

En quart, on aura deux slaves de l’ex rideau de fer, des représentants du vieux monde et des sud-américains.

Un beau cocktail.

Mais déjà, on entrevoit la fin du tunnel.

Finies les semaines et les journées de gabegie, où quand il n’y en a plus il y en a encore.

Le week-end prochain s’annonce somptueux et chargé, et la semaine suivante sera palpitante si on étrille la celeste qui, rappelons-le, arbore une étoile de plus que nous.

Mais après la vraie vie reprendra ses droits, impitoyable, inéluctable.

Les siestes redeviendront crapuleuses, il faudra réapprendre à regarder autre chose à la télé, sauf pour ceux qui aiment Wimbledon et le Tour de France.

Surtout que l’UCI a corrigé une injustice monstrueuse en blanchissant Chris Froome. Et que le pauvre Christian Prud’homme subit honteusement ce revirement en autorisant le leader de la Sky à venir pédaler dans l’Hexagone.

Juste une réflexion.

Quel club peut s’enorgueillir d’avoir dans ses rangs un paquet de joueurs qui ont brillé de mille feux durant ces huitièmes ?

Ni le Barca ni le Real.

Encore moins le Bayern.

Cavani, Mbappé, Tiago Silva, Neymar, Meunier sont bien au PSG !

Un trio magique, une attaque de feu qui troue les filets russes de toutes parts, un peu comme contre Guingamp la saison prochaine.

Mais l’essentiel n’est pas là.

Je dois vous avouer que quitter ce monde après une chute dans un ravin, dévoré par les flammes ou lâchement poignardé dans le dos ne m’enchante pas plus que ça.

Pas plus que victime des effets inamicaux d’une maladie que l’on qualifie parfois de longue, quand elle n’est pas honteuse.

Mais y rester dans une grotte après des jours d’enfermement, ou pire, noyé en essayant de passer un siphon seul passage vers la lumière blanche !

Celle du soleil et des petits oiseaux.

C’est quelque chose qui m’angoisse un peu.

La faute à cette crétine de directrice de centre de loisir qui avait décidé à la fin des années 70 de nous amener à Fontainebleau visiter la caverne des Brigands.

La conne.

Une colonne de gamins à quatre pattes qui avance, avance et avance encore, avant de se retrouver bloquée et de devoir faire demi-tour.

Limite de panique, pas terrible comme sensation.

Un petit traumatisme enfantin, Sigmund, si tu nous lis…

Douze jeunes thaïlandais, une équipe de foot et leur entraineur, sont restés bloqués dix jours dans un boyau inondé.

Dix jours !

Mais le plus incroyable, dans cette histoire, c’est que l’armée les a retrouvés vivants et a réussi à leur faire passer des vivres, pour quatre mois parait-il.

Il ne leur reste juste qu’à se refaire une petite santé, et des plongeurs les aideront à passer ce siphon.

Imaginez-vous à leur place.

Vous pensiez calancher, et des hommes grenouilles vous apportent de la bouffe pour six mois, et si ça se trouve quelques bouteilles de saké.

Que feriez-vous à leur place, iriez-vous replonger dans des eaux boueuses, tumultueuses et glacées sans garantie de ressortir vivant ?

Alors que vous pourriez tranquillement vous taper la cloche pendant quatre mois.

Mais pourquoi ne pas être encore plus ambitieux.

Si l’armée thaïlandaise a été capable de leur faire parvenir tout ça, pourquoi ne pourrait-elle pas leur apporter un écran 124 cm et un décodeur Canalsat ?

Car en cette période de Mondial, la vie ou la mort d’un groupe de jeune est certes une chose assez grave.

Mais beaucoup moins que de rater un quart de finale France / Uruguay.

Moralité :

Mieux vaut voir ce match à coup sûr, que de risquer de ne jamais le voir.

Surtout si Edinson Cavani se déchire le mollet à la 7e minute.

Le pauvre.

LA GRINTA

Jamais une Coupe du Monde n’a aussi mal porté son nom.

Les africains sont venus faire un petit tour et sont rentrés au bled.

Les asiatiques et néanmoins japonais auraient largement pu s’inviter en quart.

Les sud-américains ont pour eux la grinta, un engagement et un génie qui dans le passé leur ont permis d’engranger quelques étoiles sur le cœur. Tout le monde vit le foot avec ferveur quasi-religieuse. Les joueurs et les coaches, mais aussi des supporters qui n’hésitent pas à vendre leur maison pour s’inviter au bal, ou à flinguer celui qui aurait la mauvaise idée de rater un péno.

On espère tous que l’Uruguay est un petit pays plus tranquille que la Colombie, sinon Fernando Muslera, le gardien de la Celeste, risque de regretter sa boulette. Loris Karius a dû sourire un peu entre deux Tranxène, du fond de sa maison de repos au cœur de la Foret Noire. Il faut dire qu’au rayon boulette, le portier de Liverpool est largement en tête de gondole.

Messi a quitté la Russie avec un but magnifique et l’impression qu’il s’amuse autant sur le terrain que dans une réunion de copropriété. Surtout après le rejet de la motion de Mme Trofion qui proposait un nettoyage au Karcher de la moquette murale, plus économique qu’un remplacement. Malheureusement pour cette bonne dame, 678 millièmes ont voté contre.

Pour sourire autant, on imagine que Leo doit être miné par ses démêlés avec le fisc espagnol qui ferait mieux de s’occuper de Cristiano.

On sent l’argentin tellement préoccupé qu’il en oublie parfois de soigner ses stats.

Les russes courent en moyenne 700 mètres de plus que les autres joueurs à chaque partie.

Même pas ce que le prodige du Barca a parcouru en quatre matchs !

La grinta oui, mais en marchant alors.

Ou alors le nez dans le saladier de farine, comme son (trop) glorieux ainé aux manettes de l’Albilceleste, supporter aussi discret que bienveillant de cette équipe.

Et quand on parle de génie, comment ne pas penser au Brésil.

Presqu’un à chaque poste, avec un Neymar aussi invraisemblable balle au pied, qu’amateur de gazon.

On sentait tous ces artistes comme en mission après le camouflet d’il y a quatre ans.

Mais eux-non plus n’iront pas en demie…

Il reste deux quarts, mais quels qu’en soient les résultats, la Coupe du Monde est terminée.

L’Euro peut commencer, deux ans après la version française.

Un Euro amputé de l’Espagne, de l’Allemagne et du Portugal.

Imaginez une finale Belgique / Suède !

A part un malade mental qui aurait misé un billet dessus il y a un mois, ça ne s’annoncerait comme l’affiche la plus glamour de l’histoire.

Peut-être Loris Karlus qui maintenant dilue ses cachetons dans le Jack Daniel.

Personnellement je ne sais même pas, dans ce cas, comment réussir à rester éveillé devant un tel match commenté par un Daniel Bravo à peine moins soporifique qu’Arsène Wenger. Juste sauvé par un accent à couper à la hache, plus chantant que l’alsacien de l’ex coach des Gunners.

Le France / Belgique s’annonce très excitant.

Et pourtant, il n’est jamais facile de prendre nos cousins au sérieux.

Et ce n’est pas du tout à cause d’un accent qui engendre rarement de la mélancolie. Ou parce que des milliers de nos contribuables, rarement parmi les moins fauchés, hésitent de moins en moins à franchir le Quiévrain pour s’acoquiner avec le fisc local.

Non, c’est juste qu’à tout moment on s’imagine plutôt à la buvette du stade à assister à un show délirant de François Damiens ou de Benoît Poelvoorde.

Et accessoirement à boire quelques bières avec eux.

Avec modération bien sûr.

Et pourtant, le temps est révolu où les belges étaient issus des rangs d’Anderlecht, de Gand et du Standart et jouaient le dimanche à la baballe devant une poignée de spectateurs, une buvette et une baraque à frites.

Aujourd’hui, les plus grands clubs se les arrachent et beaucoup y sont d’indiscutables titulaires.

De tocards en sursis, les bleus sont maintenant passés quasiment au statut de favoris de cette Coupe du Monde. Tout le monde s’est à peu près réveillé, et le Brésil est reparti admirer son cher Corcovado. Les journalistes se sont mis à la page.

Ils ont senti le vent tourner, un peu comme en 98.

Maintenant, il devient dangereux de tirer à boulets rouges sur la bande à Dédé, devenue favorite des bookmakers.

Et si jamais, vingt ans après… ?

Dédé, puisqu’on en parle, s’est largement détendu depuis le premier tour, ou même après la démission de Zizou du Real. Il est espiègle, et s’essaye même à certaines petites vannes qui font mouche.

Et puis, après chaque match, il fait un câlin à chacun de ses joueurs, comme un père à son fils qui reviendrait de cinq ans de légion. Avec un petit mot pour chacun, bienveillant, gentiment chambreur.

Il a encaissé sans broncher les critiques qui pleuvaient sur LLoris et Pogba.

Et il les a maintenus coûte que coûte, contre vents et marées, à moins que ça ne soit le contraire.

Et les deux lascars le lui rendent au centuple.

Ils sont pour moi les deux français les plus réguliers, peut-être avec Kante si on veut aller jusqu’au tiercé.

Pogba est incisif, solide et souvent décisif.

Quant à lloris, il est irréprochable.

Et décisif aussi, surtout quand il nous sort quelques ballons qui auraient très bien pu finir dans ses filets.

Sa parade sur la tête de Caceres est tout simplement fabuleuse.

Encore une ou deux contre les Diables rouges, et tu rentreras au Panthéon des grands portiers français.

LE BAL DES POMPIERS

Le 14 juillet, les flonflons de la fête, les saucisses frites, le tour de France…

C’est souvent le grand débat qui anime l’Hexagone en cette période de liesse populaire, avec le vainqueur de l’étape du jour : le feu d’artifice, c’est le 13 ou le 14 ?

Nous ici à Liévin, dans le bassin minier, ça sera le 14, le tout précédé d’un concert de TiBZ.

L’occaz unique et gratuite de découvrir un artiste que je ne connais pas. Un peu comme à Sainte-Tulle en 2002, où là j’en avais pris, plein les oreilles avec Gold, à une époque révolue où Emile braillait tout seul.

Ohé ohé capitaine abandonné.

Ville de lumière

Qu’ont-ils fait de toi.

Alors qu’à Bully les mines par exemple, à quelques kilomètres de là, le feu d’artifice était le 13.

A 23H00.

Ou alors, pour ceux et celles que les grands gaillards musclés et rasés de près émoustillent. Et sans oublier la cerise sur le gâteau, cet uniforme si près du corps, … arrêtons là, ça devient torride !

Le bal des pompiers.

Danser une valse avec un de ces beaux soldats du feu, c’est quand-même mieux que de les caillasser.

Mais de toute façon, dès le lendemain, tout le monde s’en moquera un peu.

Dimanche, on a autre chose à faire.

C’est la finale.

On ne sait pas encore qui de Nadal ou Djoko se qualifiera.

Dans les deux cas, ça serait une belle renaissance sur le gazon londonien.

Surtout pour le chevalier sans gluten, qui semble errer sur les courts du monde entier depuis un an et demi avec son beau polo Lacoste.

Mais que l’un ou l’autre gagne le droit d’en découdre avec ce beau gosse de Kevin Anderson, ça me fait peur.

Très peur.

J’ai une telle admiration pour Roger, que cet abruti de Sud-Africain a osé renvoyer manger une fondue dans le Valais, que ça me stresse.

Depuis son invraisemblable comeback, le suisse a porté sa collection de grands chelems à 20 unités, soit 7 de plus que Pete Sampras qui aura un peu de mal à en gagner un 15e.

Par contre, Rafa est déjà à 17, et sans incident majeur on ne voit pas qui pourrait le priver d’enquiller encore deux ou trois Roland-Garros.

Novak n’est qu’à 12, mais attention à lui, surtout si son retour en grâce se confirme.

Bref, c’est la merde !

Le palmarès de Roger est en danger.

Kevin, si tu lis ces quelques lignes, sache que si tu remportes cette finale, je te pardonnerai peut-être de ce crime de lèse-majesté.

Ah oui j’oubliais, demain, il y a aussi 22 garçons qui vont cavaler près de dix bornes chacun pour gagner une petite coupette.

France / Croatie.

20 ans après 98.

On est tranquille, Davor Suker et Zvonimir Boban ne sont plus là.

Notre bloc-équipe fonctionne tellement bien, qu’on a l’impression que nos attaquants manquent de gaz au moment de faire trembler les filets adverses.

Mais depuis le grand Ajax, le club hollandais pas la poudre à récurer, on sait tous que le football est total.

Si nos attaquants défendent, nos défenseurs attaquent.

Et marquent même pas mal de buts.

Varane, Umtiti et Pavard y sont tous allés du leur, il reste juste à Lucas Hernandez, le quatrième larron, à mettre le sien.

Sérieusement, le peuple croate est resté littéralement traumatisé par la demie de 98.

Un truc de dingue.

Les joueurs à damier sont cramés et sont restés une heure et demie de plus que les français sur la pelouse. En plus, ils ont eu un jour de récup en moins.

Après une balade de santé dans le groupe D du premier tour, ils ont enchaîné deux qualif aux pénaltys contre le Danemark et la Russie, avant de sortir les anglais en prolongations.

Selon la moitié du verre que l’on envisage, on peut voir une équipe indestructible et immortelle, où alors des gars qui depuis trois matchs, ont laissé pas mal de plumes.

Chacun y va de son petit pronostic, et les consultants foot de tous bords passent de la moitié vide à la pleine, et lycée de Versailles.

Et bla bla bla…

Une fois encore, la vérité ne sortira ni des urnes, ni de la bouche des enfants, mais de la réalité du terrain.

Encore moins des analystes de pacotille passés maîtres dans l’art de nous raconter après la bataille:

« Je vous l’avais dit ».

Nos bleus, comme depuis quelques matchs, seront certainement difficiles à bouger.

Les croates aborderont la finale avec la dalle et quelques armes techniques dans leur besace.

Mais qui peut être persuadé de quoi que ce soit, surtout après un Mondial qui a réservé autant de surprises ?

On espère juste que Dédé et son staff n’aient pas fait leur première bourde de la compétition.

Pas celle de ne pas avoir appelé Benzéma, Lacazette ou Rabiot en Russie.

Non, vous n’y êtes pas du tout.

Pour être absolument sûrs de gagner ce match, il aurait fallu rappeler Thuram.

Le cauchemar de la Nation à damier.

Le gars qui a mis les deux seuls buts de sa vie en 98 contre les croates, même en comptant les récrés dans la cour du collège.

Manu si tu nous lis, passe s’il te plait un ptit coup de bigo à Vladimir pour qu’il change le règlement avant demain.

Normalement, il sait faire.

Demande-lui gentiment de faire le nécessaire pour qu’on puisse qualifier Lilian pour demain.

Et tant que tu y es, essaye de voir s’il peut faire un truc pour repêcher Roger en finale de Wimbledon.

LE DJOKER EST DE RETOUR

Rafa a soulevé 11fois la Coupe des Mousquetaires.

Roland-Garros est son jardin, et seuls deux joueurs l’y ont battu. Robin Söderling, le loup suédois, a été le premier à le faire par un après-midi maussade de juin 2009.

L’occasion inespérée pour moi de vous montrer que je maîtrise de mieux en mieux ce clavier, et que les trémas ne me font plus peur.

Même sur un o.

Le deuxième à oser commettre un tel crime de lèse-majesté de la terre battue, c’est Novak Djokovic en 2015, à une époque où le serbe régnait en maître sur le tennis mondial. Cette année-là, Stan the Man matera le Djoker en finale porte d’Auteuil, et le privera d’un vrai grand chelem.

Le chevalier anti gluten prendra sa revanche en 2016, mais s’écroulera inexplicablement ensuite, au point de ne plus gagner le moindre tournoi pendant plus de deux ans.

Même le tournoi open de Pontault-Combault, auquel il n’a du reste pas participé.

Contrairement à moi, lamentablement éliminé au premier tour cette année-là.

Il est vrai par une chaleur à ne pas mettre un quinqua dehors, fût-t-il d’une condition physique irréprochable.

Son retour au premier plan est incroyable, inespéré, surtout dans le temple de la petite balle jaune. Que dis-je, La Mecque du tennis.

Un peu plus de deux ans après.

Deux ans durant lesquels tous ceux qui l’encensaient, voir lui léchaient les baskets, ont échafaudé toutes les hypothèses possibles.

Sa femme, le gluten, son entraîneur, son poisson rouge…, tout et son contraire a été dit pour expliquer cette dégringolade vertigineuse.

Les spécialistes en tout genre s’en sont donnés à cœur joie.

Les mêmes qui aujourd’hui saluent son retour.

Certains vont jusqu’à nous dire qu’ils le savaient.

Ça ne vous rappelle rien tout ça ?

Allez, un petit effort…

La bande à Dédé, vingt ans après celle à Mémé.

On a tout mélangé depuis une finale de l’Euro qui restera un sale souvenir.

Sauf pour les adorateurs de CR7, qui ont pourtant vu leur idole sortir à la 25e minute.

Ce qui n’empêchera pas tout un peuple de boire quelques Superbock en l’honneur d’Eder qui marquera le quatrième but de sa carrière internationale.

Le basque est réputé avoir la tête dure, mais on peut dire que Dédé en a pris plein la tronche depuis ce match maudit.

A de rares exceptions près, je ne crois pas vraiment aux coaches qui ont des prérequis philosophiques.

Une théorie ou une vision des choses qu’ils appliqueraient sur le terrain, coûte que coûte, quels que soient les circonstances et les adversaires.

A part éventuellement Cruijff et Guardiola, les deux enfants du Barca…

En général c’est le pragmatisme qui prévaut et les résultats positifs qui valident des options et des compositions.

Certains crétins vont même jusqu’à avancer l’idée que le milieu défensif qu’il était fait qu’il est devenu un sélectionneur immanquablement défensif et trop frileux.

C’est de l’analyse de comptoir, de la vraie, tant les contre-exemples existent.

Le travail tactique existe, mais l’important, c’est les hommes.

Dédé s’est entouré de ceux qui étaient prêts à aller à la guerre ensemble, et a laisser leur peau sur le terrain.

Même quand il fait un peu frisquet, n’est-ce pas Adrien ?

Les autres ont été écartés, impitoyablement, aussi talentueux soient-ils.

Une histoire d’hommes, et de confiance réciproque.

Un cap à tenir, malgré les aléas, les méformes et les campagnes de presse pas toujours très bienveillantes.

Les matchs de prépa et ceux du premier tour n’ont pas été flamboyants.

Plutôt soporifiques.

Beaucoup d’analystes ont sorti le bazooka.

La plupart de ses compagnons de route de 98 ne l’ont pas raté.

La différence avec ceux qui sévissent dans les nombreux débits de boisson de notre pays, c’est l’argent.

Quand les uns en dépensent pas mal pour remplir un verre sans fond, les autres en gagnent beaucoup pour dire les mêmes conneries, mais derrière une caméra ou un micro.

Un truc s’est passé lors du huitième contre l’Argentine, amorçant une dynamique devenant au fil des matchs en acier trempé.

Presque tout le monde a retourné sa veste, ou pour ceux qui avaient été les plus virulents, ils ont fermé leur claque-merde.

Pas le temps ni l’envie de lire, écouter ou voir tout ce qui se dit depuis dimanche, mais j’aimerais tant savoir si certains ont eu le courage d’un mea-culpa.

Et pourtant, le sélectionneur s’est privé d’un quadruple vainqueur de la Ligue des champions pour lui préférer un français pur souche qui n’a pas mis un pion en sept matchs, alors que Justo en avait claqué treize en 58!

Une campagne antiraciste, anti Giroud, pro-diversité, anti ou pro tout ce qu’on veut…

Avec, cerise sur le gâteau, la démission surprise du Real après une troisième coupe aux grandes oreilles consécutives.

Quelques semaines après, Dédé a décidé de ne plus être raciste, islamophobe ou antisémite.

Lui aussi a retourné sa veste.

Il a fait de son équipe un symbole de diversité et d’amitié entre les peuples.

Aucun pays africain n’a eu la chance de franchir le premier tour.

Didier Deschamps a décidé de réparer cette injustice, en sélectionnant une majorité de joueurs originaires du continent noir.

Après avoir heurté certaines susceptibilités d’un côté, il réussit maintenant à faire l’unanimité contre lui en se mettant à dos les humanistes racistes et nazillons.

On ne peut plus dire frontistes, Marine a osé rebaptiser le mouvement.

Sacré Dédé fais attention à toi.

L’ETA a beau avoir déposé les armes, ton bungalow au bord de la Nivelle pourrait bien se faire plastiquer.

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