LA DROGUE, C'EST DE LA MERDE


L’homme est un être culturel.

Une chose qui nous choque en France peut paraître tout à fait normale ailleurs.

Sans aller jusqu’à justifier l’excision, un grand voyageur pourrait témoigner de contrées où parait-il, il est de bon ton d’offrir sa femme à celui qui lui fait l’honneur de le visiter…

Imaginons que cette pratique soit répandue chez nous, on peut être à peu près persuadé que les gars mariés à une jolie femme auraient beaucoup d’amis.

- Allô Michel, qu'est-ce que vous faites ce week-end, je passerais bien vous voir?

Pour ce qui est de visiter un pote qui n’a pas cette chance, il suffirait de charger un peu l’apéro.

Ceci est valable pour la drogue, dont nous sommes les plus grands consommateurs en Europe, alors que cette pratique est légalement et moralement proscrite.

Au même titre que la sodomie au Texas !

Perso, alors que nous fêtions un gros événement il y a quelques décennies, j’ai débarqué un peu rapidement dans les toilettes de l’établissement qui nous accueillait. Une envie bien naturelle attisée par quelques verres d’une boisson à bulles.

Et là crac !

La fissure.

Je tombe nez à nez avec un très bon ami en train de se repoudrer le nez.

Outre le fait qu’on est resté tous les deux comme des niais à bredouiller deux trois phrases cons, je dois dire que cette scène m’a un peu traumatisé.

Pas de jugement, aucun.

Juste une chose qui me fait un peu peur parce qu’elle ne fait pas partie de mon univers. Comme le dopage dans le sport, alors que dans certains pays ça ne pose aucun problème à personne. Une vision bien française de la chose.

Sans tomber dans le panneau du bien et du mal, ce qui me marque depuis des années, c’est le fait qu’à quelques exceptions près, ceux qui sont connus pour s’être chargés à bloc se portent parfois comme des charmes des années plus tard.

Simpson, FloJo et quelques autres nous ont quittés un peu tôt, mais il est difficile de réellement quantifier le nombre de décès imputable à tout ça.

Les Stones poussent encore la chansonnette à bientôt 80 piges, alors qu’ils ne se sont jamais trop privés de seringue.

Et même dans le vélo, tous ceux qui ont largement tapé dans la pharmacie n’ont pas encore rejoint Laurent Fignon au paradis de la petite reine.

On sait que tout ça n’est pas très bon pour la santé mais on finit par se dire que pas plus que le sucre, le sel ou quelques autres perturbateurs endocriniens.

Alors qu’une bonne overdose d’amiante ou de Roundup, ça laisse souvent quelques traces bien visibles, sur l’heureux consommateur, ou mieux, sur sa descendance.

Une nocivité évidente, mais pas facile à prouver.

Ça s’appelle un postulat Messieurs-Dames.

Paradoxalement, ce n’est ni un grand Professeur, ni un scientifique qui éclaire notre lanterne.

C’est un truand rangé des bécanes qui rétablit une certaine justice en prouvant que la drogue fait des dégâts.

Après dix-huit années passées au frais à peaufiner son projet, Gérard Fauré a récemment défrayé la chronique en sortant un bouquin où il balance certains des gens connus que jadis il fournissait en poudre blanche.

Jacques Barrot n’avait pas la réputation d’un fêtard invétéré ou d’un petit plaisantin.

Spécialiste des questions sociales, il a eu une longue carrière de député de la Haute-Loire, de 1967 à 2004, avec des interruptions pour cause de responsabilités gouvernementales sous Raymond Barre et Alain Juppé, et a présidé le Conseil général de la Haute-Loire de 1976 à 2004.

De 2002 à 2004, il préside le groupe UMP à l'Assemblée nationale avant de rejoindre Bruxelles.

Centriste et chiraquien, figure de la démocratie chrétienne en Europe, il entamera ensuite une carrière de commissaire européen, à la Politique régionale (2004) puis aux Transports (2004-2008) et enfin à la Justice (2008-2009).

Il a présenté le nouveau « plan d'action drogue de l'UE » et entend sensibiliser les jeunes au danger des stupéfiants en engageant « des personnalités du cinéma et de la chanson ». « N'est-ce pas un milieu pourtant où sévit aussi la drogue ? », interroge un journaliste. « Nous ferons appel à des anciens toxicomanes repentis », a promis Jacques Barrot, évoquant le succès des pilotes de Formule 1 pour la prévention routière.

Mais le plan européen n'est pas que préventif. Le commissaire garde espoir : « Nous avons un peu endigué le phénomène alors même que la production mondiale d'héroïne a doublé en deux ans ». Mais, reconnaît-il, « la consommation de cocaïne a augmenté », notamment en France.

Gérard Fauré, l’ex dealer des stars, est bien placé pour le savoir, lui qui a soutenu l’ancien ministre durant une longue carrière au service de ses électeurs. La politique est un monde impitoyable, dans lequel un petit remontant de temps en temps ne peut pas faire de mal.

Un autre Jacques ira encore plus loin dans le métier, allant jusqu’à poser ses valises à L’Elysée. Après une dissolution restée fameuse, il croisera le fer avec son premier ministre au sujet de la drogue. Lionel Jospin déclarait «moins dangereux» de fumer un joint chez soi que de boire «avant de se mettre au volant». Un grand pas pour le Premier ministre jusqu'ici très frileux sur la question.

Revoilà «la gauche pétard» et «la droite vin rouge». Jacques Chirac qualifie de «piège» cette approche globale des «pratiques addictives» : «Elle comporte l'inconvénient très sérieux de banaliser la consommation de substances illicites, (...) n'apporte pas non plus une réponse pertinente en termes de prise en charge sanitaire et de soins. Nous devons renforcer notre politique de lutte contre les fléaux sanitaires plutôt que de baisser la garde sur l'un d'entre eux.» A mots couverts, le candidat accuse son rival d'avoir contribué à la banalisation de la consommation de cannabis chez les jeunes : à 18 ans, un jeune sur deux l'a expérimenté. Au passage, cela permet à Jacques Chirac de réconforter des professionnels de la filière vinicole, mécontents de voir leur produit du terroir considéré comme une «drogue légale».

La drogue serait donc de gauche, c’est une évidence depuis Mai 68.

Mais Chirac est un être complexe.

Pas foncièrement de droite, défendant le pinard français et buvant de la Corona.

Et visiblement un très bon client de Gérard qui lui fournissait jusqu’à 15 g de cocaïne par jour !

Philippe Vandel, ancien de Canal, a même avoué qu’un kilo de shit avait été dissimulé dans la tête de sa marionnette des Guignols, lors d’un festival de Cannes, afin de passer la sécu…

Merci Gérard.

Pas pour avoir livré des noms à la vindicte populaire.

Après tout, si ces gars t’avaient balancé, c’est bien fait pour eux.

Non.

Jacques Barrot nous a quittés un jour de décembre 2014, après un malaise dans le métro. Quant à l’autre Jacques, le grand, il n’a visiblement plus toute sa tête.

Pas de morale vengeresse là-dedans, juste de quoi nous rappeler que la drogue, c’est pas très bon pour la santé.

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