FAKE NEWS


En Avril ne te découvre pas d’un fil.

En Mai, fais ce qu’il te plait.

Tout le monde connait ce proverbe ridicule, sauf chez les climato-sceptiques.

Mai, c’est avant tout le mois des BBQ.

Et là franchement, le conflit est souvent cornélien.

Côte de bœuf, magret, sardines ou steak de soja ?

Mais le vrai dilemme, celui qui ravage les familles depuis des générations, c’est merguez ou chipo ?

Certains, dont j’avoue faire partie, ont résolu le problème en faisant leur, l’adage qui dit que choisir c’est renoncer.

Les deux !

Mais en ces temps incertains, il faut se méfier de la misère qui chaque jour, gagne du terrain. C’est déjà un choix de privilégié, comme de savoir si on réserve une semaine au VVF d’Eguzon ou deux au camping de Noirmoutier.

Moi-même, qui aie l’honneur de connaître les deux, je me sens incapable de me positionner. Quant à certains qui manquent cruellement de goût, ils hésitent encore entre les Seychelles et les Maldives…

A moins d’avoir un jardin, un rond-point ou un camp de migrants, il n’est pas toujours évident de se faire griller un bout de bidoche.

Les privilèges des uns, c’est bien connu, engendrent les frustrations des autres.

Il y a quelques semaines, quelques ouvriers charpentiers en ont eu un peu marre de béqueter des sandwichs Lidl le midi. Travailler sous les toits donne soif, et on compte une bouteille de rouge et un pack de bibines pour deux, le SMIC qu’on leur alloue généreusement ne leur permet pas de faire des folies.

Et là jour de chance, les merguez étaient en promo.

Les gars n’ont pas hésité longtemps, tant le festin leur tendait les bras.

Après tout, quoi de plus simple que de griller quelques saucisses quand on a autant de bois sous la main.

La suite, on la connait.

Un coup de fourchette pour percer la bête, de l’huile qui gicle, le feu qui prend et une charpente millénaire qui s’embrase.

Comment une promo chez Lidl peut sceller le sort d’une merveille de l’humanité…

La charnière centrale est souvent décrite comme la fondation, le sacrum d’une équipe de foot.

Les plus anciens n’ayant pas encore Alzheimer se souviennent surement de la « garde noire », Marius Trésor et Jean-Pierre Adams.

Les Bleus ont été champions du Monde en 98 avec Blanc - Dessailly, puis avec Varane - Umtiti l’an dernier.

Depuis que QSI a mis son nez dans la pelouse, le PSG est avec 500 boules un des plus gros budgets européens.

Sa charnière donne plus de cauchemars à ses supporters qu’à ses adversaires.

Les deux brésiliens font une bonne saison, mais on connait le caractère moyennement trempé de Thiago Silva dans les grands matchs.

Tuchel a ramené Thilo Kehrer dans ses valises et Presnel Kimpembe a fait partie de la bande qui a décroché une deuxième étoile.

Formé au club, il signe son premier contrat pro en 2015.

On sait que de nombreuses organisations criminelles ou terroristes mènent leur lutte à coups de cellules dormantes qu’il suffit de réveiller le moment venu.

Le jeune Presnel a bien caché son jeu.

Il a fait toute sa carrière à Paris, et a même poussé le bouchon en signant une prolongation de contrat qui lui assure 500 000 € tous les mois.

Là, on aurait dû flairer l’arnaque.

En effet, on sait maintenant que le jeune homme de 23 ans est fan inconditionnel de l’OM !

Il a infiltré tous les rouages de l’ennemi ancestral depuis des années sans dévoiler son vrai visage.

Malheureusement, on sait que Bernard Tapie n’est pas en grande forme, souffrant depuis des mois d’une « longue maladie ».

A tel point que l’ancien président olympien n’était pas sûr de s’en sortir.

Il aurait rêvé que son équipe de cœur lui offre un titre cette année, mais il parait que Rudy Garcia ne l’aime pas beaucoup. Pas étonnant pour ce fils de sergent natif de Juvisy-sur-Orge, qui a fait depuis deux ans le recrutement idéal pour priver Nanar de ce plaisir.

Mais l’ancien ministre est têtu, et surtout, a plus d’un tour dans son sac Adidas.

Des gilets jaunes infiltrés dans la cellule d’écoute téléphonique du ministère de l’Intérieur ont intercepté une communication sans ambiguïté, que je vous livre telle quelle :

- PK ?

- Oui.

- C’est moi.

- Ok.

- C’est bon, tu peux y aller.

Il était trop tard pour priver le PSG du titre de champion de France, mais le gars a fait ce qu’il faut pour les deux coupes.

Une main contre United et un CSC contre Rennes.

Imparable, du bel ouvrage.

Et pour ne pas éveiller les soupçons, il a remis ça en championnat contre Montpellier, un nouveau CSC.

Depuis quelques années, on assiste à des scènes de plus en plus hallucinantes.

Une réalité qui dépasse souvent la plus cauchemardesque des fictions.

Un avion qui joue aux quilles avec des gratte-ciels.

Des massacres dans des écoles ou des lieux de cultes.

Une escalade de violences verbales ou physiques, des symboles bafoués les uns après les autres.

Les réseaux dits sociaux ont leur part de responsabilité dans ce déchaînement de haine de l’autre qui semble inexorable.

Sans faire l’apologie du Bouddhisme, il est rassurant de voir que certains sages font tout ce qu’ils peuvent pour calmer les esprits et ne pas mettre d’huile sur le feu.

En cette période tourmentée, Christophe Castaner fait figure de Dallai Lama parisien.

Il y a quelques semaines, il avait rassuré sa famille en postant une petite vidéo qui montre qu’il gardait la pêche malgré les soucis. Sa femme en particulier avait beaucoup apprécié de voir qu’il ne sombrait pas dans le burnout.

Le 1er mai, il a décidé d’user de pédagogie pour nous montrer qu’il fallait se méfier des fake news. Garder sa lucidité et son libre arbitre, c’est souvent garder son calme.

Il avait le choix.

Celui de choisir un lieu symbolique où la Nation s’occupe de personnes fragiles.

Ça aurait pu être une crèche ou un EHPAD.

Un hôpital, un service d’enfants malades c’était parfait.

Mais non, il a fait mieux.

Un service de réanimation !

Impossible de trouver des personnes plus vulnérables.

Un ministre nous annonce que des hordes de gilets jaunes étaient sur le point de venir débrancher des patients inconscients, sans doute après les avoir violés et débarrassés de leurs dents en or.

Et le pire, c’est qu’on y a tous cru !

Cols blancs contre gilets jaunes, la bataille du ridicule fait rage, tous les coups sont permis.

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