MÉFIONS-NOUS DES APPARENCES ( DEUXIÈME PARTIE )


Le weekend tire à sa fin.

Un peu de calme avant la tempête, chacun a pu se détendre un peu et se préparer à ces bons moments à venir sur le rail ou l’asphalte.

Pourquoi ne pas clôturer ce beau dimanche par une bonne raclette en regardant Neymar et Mbappé, nos deux duettistes préférés, nous régaler entre deux bouchées de fromage fondu sur une tranche de coppa.

Et quelques oignons blancs au vinaigre.

L’occasion est trop belle de se replonger dans de vrais dilemmes.

Faut-il prendre deux poêlons ?

Si c’est impossible, faut-il mettre une tranche de fromage entre deux de coppa, ou le contraire ?

Choisir, c’est renoncer, et si le mille-feuille à deux étages avec alternance d’une tranche de chaque était la meilleure solution ? Le troisième étage n’est pas souhaitable, sauf si on veut tout faire cramer.

Dès mardi, il sera temps de tordre le cou à Manu et toute sa clique, à Jean-Paul et à son projet de réforme.

Notre cher Haut-Commissaire est sur le point de réussir l’exploit de faire l’unanimité, …Contre lui.

N’en jetez plus !

On peut toujours rajouter quelques sympathies nazies ou des tendances pédophiles, mais je ne crois pas que ça soit nécessaire pour l’achever. Il s’est admirablement débrouillé tout seul. Même les défenseurs de son projet n’en peuvent plus.

Premier conseil, il pourrait s’acheter une modeste cabane dans le Larzac et s’y retirer pour profiter au mieux de quelques chèvres et de la modique somme de 27687 €, cumul de ses maigres salaires. Pour les centimes, c’est cadeau.

Le deuxième est plus spirituel puisqu’il s’agit de rédemption.

Après tout il est bien administrateur plus ou moins bénévole dans une douzaine de structures, alors pourquoi pas une treizième !

Une casquette, une veste verte et on peut l’envoyer mardi de bon matin sortir un bus du dépôt RATP d’Aubervilliers.

De quoi mesurer la bienveillance légendaire des collègues grévistes :

- PD

- Sale jaune

- Grosse fiotte, suce-bite…

Des mots tellement peu fictifs qu’ils ont été prononcés la semaine dernière à l’encontre d’un dangereux activiste libéral qui voulait juste travailler.

Quel courage, quelle force collective ! Et puis quand on lutte contre les classes dominantes, on ne fait pas d’omelette sans casser quelques œufs. Dans un pays où la moindre banderole, le moindre chant qui fait allusion à une pratique que la morale Victorienne réprouve, provoque l’arrêt d’un match de foot pour propos homophobes !

Alors que les cris de singe sont considérés comme une franche rigolade qui n’a rien à voir avec un quelconque racisme.

Sur les réseaux, sociaux comme routiers, dans les tribunes des enceintes sportives, dans les établissements scolaires ou un ptit bbq entre amis, l’exaspération le dispute au pessimisme. Avec une violence démesurée, celle de la parole qui se libère après des années d’étouffement. Comme celle du peuple d’une République qui viendrait d’enchaîner des années de dictature après des décennies de colonisation.

La colère est réputée pour être mauvaise conseillère, les caniveaux débordent de haine, le glyphosate qui s’y ballade par hasard passerait presque pour du petit lait.

On peut comprendre la catharsis, la purge des passions qui deviendraient plus supportables en s’exprimant de façon bruyante.

Comme quand vous cassez les pieds à celle qui partage votre plat de coquillettes en lui racontant ce que votre collègue de travail vous fait subir tous les jours.

Ça peut faire du bien, même si ça finit par anesthésier la libido.

Mais une fois passée cette décharge salutaire, on peut se demander ce que veut vraiment un indigné ou un gréviste pur et dur.

Préserver les avancées chèrement acquises par de glorieux anciens.

Faire respecter la parole de l’Etat.

Défendre les autres, ne pas laisser un monde injuste à la jeunesse et à nos propres enfants.

C’est au départ la noblesse du syndicalisme, sa raison d’être.

Toute médaille a son revers, et le corporatisme n’est jamais bien loin.

S’arque bouter dans une tranchée pour défendre une position jusqu’à la mort est sans doute digne de respect. La France a le taux de syndicalisation le plus bas en Europe, pas plus de 5% chez les ouvriers. Il faut souvent redoubler de virulence pour vous faire élire lors d’élections professionnelles où 90 % de ceux qui votent ne sont pas syndiqués.

Autant dire que les représentants qui sortent des urnes n’en ont que le nom.

Encore plus absurde que les Présidentielles.

Le monde du travail et son paritarisme est un maquis aussi opaque que juteux. De la très grosse galette, avec des organismes de formation professionnelle qui brassent des dizaines de milliards.

Beaucoup plus que l’évasion fiscale.

Mais l’intérêt général est pour certains l’arbre derrière se cache la jungle des intérêts particuliers. Dire que l’on se bat pour le bien commun est politiquement plus correct que de revendiquer un clientélisme qui transpire entre les lignes.

De chemin de fer.

Et la fameuse convergence des luttes produit de singuliers alliés de circonstance.

Des insoumis et des fachos.

Des futurs retraités de 57 ans et ceux qui veulent la peau de Macron, la tête des riches, des cadres et le retour des étrangers dans leur beau pays d’origine.

Des exaspérés fiscaux qui côtoient allègrement ceux qui veulent plus de service public…

En gros tous ceux qui ont peur.

De l’avenir et de son incertitude, du monde qui bouge trop vite et sans cap identifiable.

Ceux qui en ont marre veulent tout changer, tout casser. Le peuple de 1789 voulait tordre le cou à l’ancien monde, c’est comme si celui d’aujourd’hui rejetait le nouveau.

Le besoin de certitudes et de sécurité se comprend, mais qui pourrait nous expliquer ce que veulent mettre en place nos révolutionnaires des temps modernes ?

Des soviets, des commissaires du peuple, un dictateur, des assemblées de copropriétaires,… ?

Une société uniquement faite d’ouvriers, de fonctionnaires et de Bac + 5 ?

Les utopies sont mortes avec le siècle dernier, mais peu d’hommes politiques réfléchissent sereinement au monde de demain.

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