MÉFIONS-NOUS DES APPARENCES ( FIN )


Nous, les français, sommes un peuple de râleurs toujours prêts à donner des leçons d’économie, de politique ou de management.

Avec une constance, un discernement et une bonne foi à faire pâlir un collégien.

Franchement, il est souvent difficile de comprendre pourquoi de si brillants esprits font de si piètres hommes politiques ?

Alors qu’une fois aux manettes, il suffirait de taxer les riches, renvoyer les Sénateurs, baisser les impôts, engager des fonctionnaires et de doubler le SMIC.

Comme ces brillants sélectionneurs qui feraient jouer Benzema et Lacazette à la place de Giroud.

Ah oui mais dans ce cas, ne faut-il pas en virer un deuxième ?

Finissons-en avec le Yakafaucon, sport national pratiqué la plupart du temps derrière le zinc d’un comptoir.

Et le jaune d’un ricard.

Une révolution ne se construit pas forcément armée d’un drapeau rouge et d’une guillotine. Il est plus difficile de faire entrer une idée novatrice dans une tête que de la couper.

Au XVIe siècle, Copernic bouleversait les cervelles en décrétant que les planètes tournaient autour du soleil. Dont cette bonne vieille terre qui du coup n’était plus le centre du monde.

Une audace qui plaira moyennement à une Eglise peu prompte à encourager les vocations. Elle mettra plus de deux siècles à l’admettre.

Au XXIe siècle, un Copernic serait le bienvenu.

Calme-toi Greta, retourne un peu à l’école, tu as une grosse interro de maths à la rentrée…

Changer le monde, changer de centre, revoir un système qui court à sa perte.

Vous pourriez dire : « Un peu loin des retraites tout ça », mais là comme ailleurs, il est peut-être temps de changer radicalement de point de vue.

Le revenu universel est une idée qui fait son chemin.

Benoît Hamon, qui normalement n’est pas mort, l’avait même défendue lors des dernières présidentielles.

C’était sans doute la seule mesure réellement révolutionnaire proposée par l’ensemble des candidats, à part le SMIC à 3600 € de Nathalie Arthaud.

Le problème est que le programme de l’ex-socialiste, encore un, n’était qu’un catalogue de mesures aussi peu applicables que démagogiques.

Cela-dit, philosophiquement, moralement et politiquement il est peut-être temps de revoir la valeur travail.

Pas dans le sens où il faudrait lui opposer une culture de l’assistanat qui bannirait tout effort, et se dire qu’il serait juste que tout arrive tout cuit sur notre table IKEA.

Soyons plus pragmatiques que moralistes, et laissons un peu de côté certains préceptes qui pèsent trop lourd.

« Il faut travailler ».

« Il faut partager ».

Le modèle de la révolution industrielle et des « 30 glorieuses », avec une société mécaniciste, un plein emploi et une planète aux ressources illimitées doit être largement revu.

Ah oui, les retraites !

Le principe du revenu universel n’est pas si ridicule qu’il n’y parait à première vue. Par contre, il parait logique que des écarts de salaires correspondent à des différences de travail, de niveau d’étude et de responsabilité.

Le problème, c' est l’échelle.

Difficile de défendre l’idée qu’un joueur de baballe palpe chaque jour plus de 100 fois un SMIC mensuel.

Ni qu’un fervent syndicaliste reçoive en note de frais ce qu’un ouvrier fraiseur gagne à la force du poignet.

Dans tous les cas, on parle de vie professionnelle, d’actifs, enfin pour les petits chanceux qui ont un job. Les autres jouent leurs allocations chômage au poker sur internet en robe de chambre Moltonel.

Pourquoi faire du gras en bouffant des chips à longueurs de journées, autant jouer son RSA au cazingue !

Bref on aura compris que les fortunes professionnelles sont diverses et variées.

La fille d’un ouvrier agricole a peu de chance de se retrouver au deuxième tour des présidentielles. Même si elle est blanche.

Un fils d’éboueur aura plus de mal à bosser à la télé que celui de Christophe de Chavanne. Surtout s’il est noir.

Il y a une logique implacable qui confine à l’injustice dans tout ça.

Mais pas seulement.

Tout le monde n’est pas issu d’une famille de 11 enfants vivant dans un F3 à la « Grande Borne », et certains sont des feignasses qui ne foutent rien à l’école.

Dans ce cas, il est plus probable de finir à la chaîne que rappeur, footballeur ou étudiant à HEC.

Par contre, à la retraite, tout le monde fait exactement la même chose.

RIEN.

Alors pourquoi ne pas faire notre le fameux adage :

« A travail égal, salaire égal ».

UNE RETRAITE UNIVERSELLE.

La même pour tous, que l’on soit cheminot, prof ou manœuvre dans le bâtiment.

Pas de régime spécial, pas de pénibilité, pas de fonctionnaire ni de militaire, pas de jaloux, une pension universelle à partir d’un certain âge ou d’un certain nombre d’annuités cotisées.

Je sens déjà poindre les critiques :

« Ah oui mais j’ai cotisé plus que lui »

Version pension du sketch de l’addition.

Une révolution on vous dit, de la vraie solidarité. Ceux qui cotisent plus parce qu’ils gagnent plus ont largement les moyens d’agrémenter cette maigre pension d’un appart à Vincennes et d’une villa sur la Côte, qu’elle soit d’azur, d’opale ou d’ivoire.

A l’inverse, il faudrait envisager un moyen de se protéger contre « les profiteurs » que tout système fait fleurir, et définir les modalités pour ouvrir ces droits.

Ça ferait un peu moins pour les cadres sup, les salariés de la CGT, les forçats du rail et quelques autres.

Et beaucoup plus pour tant d’autres.

Un alignement par le milieu…

« 3…, 2…, 1 …,

Bonne année Gribouille »

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