LA FOURMI ET LE PANGOLIN


La chauve-souris est un animal dégueulasse.

Elle virevolte dans quelque forêt primaire asiatique, se gave d’insectes qui n’ont pas pris de douche depuis des semaines et pisse au gré du vent. Le tout sans prendre la peine de s’essuyer la bistouquette.

Comme si vous faisiez dans votre froc en avalant un sandwich thon-crudités acheté chez Paul pour la modique somme de 4 € 90, mayo comprise.

Mais revenons à notre chiroptère incontinent.

Une fois la panse aussi pleine que sa vessie est vide, elle repart forniquer dans sa grotte avant de dormir toute la journée.

Une fourmi qui passait par là se dit qu’elle mangerait bien un petit morceau.

Au menu, quelques pucerons et le suc de deux ou trois plantes qui traînent dans le coin. Un festin, et puis ce petit goût salé de l’urine de chauve-souris qui émoustille tant ceux qui posent des mouillettes dans les pissotières…

Pas de sieste au programme pour cette ouvrière infatigable qui repart immédiatement au taf.

Malheureusement pour ses 396 enfants, elle n’atteindra jamais le chantier dans lequel elle bosse.

Un pangolin qui avait un petit creux la gobe comme un glouton, petit dessert après une sauterelle et un coléoptère. Une gabegie qui amène cette feignasse à se poser au soleil pour une sieste digestive.

Et là crac, un braconnier le capture, le met dans sa besace avant de le vendre dans un marché de Wuhan à de perfides asiatiques qui en raffolent, jusqu’à manger les écailles du pauvre manidé comme d’autres des chips saveur barbecue.

Jusque-là rien d’anormal quand on sait combien de caniches finissent dans les nems.

Un chinois qui faisait ses courses, plus probable que si c’était un norvégien, décide d’en ramener un beau à la maison. Sa tendre épouse cuisinera sa fameuse blanquette. Il plonge les mains dans des paniers pleins, tâte, malaxe et tripote, jusqu’à trouver son bonheur : une belle bestiole qui fera le bonheur de la famille après la messe.

Son achat dans le cabas, il termine par trois sacs de riz de 25 kilos.

Il rentre à la maison au moment précis où Le jour du Seigneur se termine, comme d’habitude par le rituel de l’hostie.

Il a faim, à tel point qu’au lieu de faire son tiercé, il décide d’accélérer la manœuvre en aidant sa chérie. Corvée d’épluchure oblige, il émince quelques oignons qui donneront à ce plat la saveur qu’il mérite.

Ses yeux coulent et son nez pleure, à moins que ça ne soit le contraire ; pas de kleenex, il doit s’essuyer plusieurs fois d'un revers de manche…

Trop tard, le vers est dans le fruit, le virus dans l’organisme.

Comme le VIH dans les années 30, quand des chasseurs taquinaient le singe dans la profonde jungle congolaise avant de s’enfiler comme des bêtes, ivres de mauvaise gnôle et de vin de palme.

Les chauves-souris sont des réservoirs à virus qu’il vaudrait mieux laisser fermés. Comme une armoire à pharmacie que votre gamin de 4 ans prend pour un placard à bonbons.

Le SARS saison 2, après Ebola à la fin du siècle dernier, Bigard et Palmade avaient vu juste :

J'ai entendu à la radio c'matin : "On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée". Faut quand même savoir qu'il y a un gars, qui s'est sûrement cassé le cul pendant des mois et des mois (avec du matériel et tout !) pour arriver à la conclusion suivante : "On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée"

… Alors... Quand j'pense à L'AUTRE CON, là, qui fout les j'tons à tout l'monde, avec ses chauves-souris... En plus, il est dangereux c'mec là, hein ? Imagine : j'ai un copain qui arrive à la maison, déguisé en chauve-souris, pour me faire rigoler. Eh ben, J'Y TIRE DESSUS !!! Parfaitement !!! J'ai des copains, qui viennent chez moi, à la maison, déguisés en chauve-souris... Pour me faire rigoler. Alors, hé, qu'il arrête, L'AUTRE LA, avec ses chauves-souris, hein... J'ai PEUR des chauves-souris !!!

Le patient 0, chinois affamé ou chasseur sodomite, ne sait pas qu’il est le premier d’une longue lignée…

Ses nombreux descendants doivent réapprendre des gestes et des principes simples que leur glorieux ancêtre n’a pas cru bon d’appliquer.

En janvier, on nous a expliqué qu’il fallait bien se laver les paluches et ne pas éternuer dans la tronche de son voisin.

Après trois semaines de confinement, on nous suggère de fabriquer nos propres masques, tutos à l’appui.

Poulaillers, potagers … c’est de la roupie de sansonnet.

Bientôt, on produira nous-même notre doliprane, notre électricité et notre eau potable, des messages en boucle nous diront comment construire une voiture avec des allumettes et des boites de conserve.

L'autosubsistance.

L’autarcie.

Tous des Robinson Crusoé !

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