COHÉSION


L’idée reçue est à l’aphorisme ce que le cordon bleu est à l’escalope milanaise.

Sauf le Père Dodu, qui avec plus de 10 % de chair de poulet est un véritable délice.

Il faut de tout pour faire un monde.

Ou alors, chacun voit midi à sa porte.

Si on s’attend à recevoir de tels chefs-d’œuvre de la pensée humaine chez sa coiffeuse, l’entendre de la bouche de l’être aimé(e) est toujours une divine surprise.

Ou de son fier charcutier, couperosé et dodu à souhait.

Comme le Père.

« Moi, ma p’tite dame, j’vous dis qu’une bonne guerre nous ferait pas de mal. »

Imparable !

Pour être honnête, comme d’habitude, il faut dire qu’il y a une part d’évidence dans tout lieu commun. Une once de sagesse populaire, celle de votre grand-mère avant son long séjour en EHPAD.

Est-il nécessaire de préciser que le poilu était moyennement sensible à son hygiène bucco-dentaire après 14 mois dans les tranchées ?

Ou que l’heureux résident du village de vacances de Dachau était peu regardant sur son col de chemise durant l’été 43 ?

Dans certaines circonstances, que l’on qualifierait d’exceptionnelles, on peut comprendre que l’être humain hiérarchise ses attentes, et se décentre quelque peu de sa modeste personne.

Le COVID restera comme une guerre bien singulière.

De grands hommes, de fameux généraux, en tout cas ceux que l’Histoire a adoubés, n’ont pas hésité à envoyer des milliers de soldats à la boucherie quand ils l’estimaient utile.

La liste des exemples où l’humain n’a pas pesé bien lourd face à de grandes causes, ou supposées comme telles, prendrait quelques pages.

Pour la première fois, la majorité des pays de cette planète a tout chamboulé pour sauver des vies ! Et qui plus est les plus fragiles, la fameuse comorbidité qui frappe celles qui ne tiennent qu’à un fil.

C’est moralement louable, et il ne nous appartient pas ici de juger si le remède sera pire que le mal. Ou si des causes plus nobles encore ne mériteraient pas elles aussi un tel tintamarre.

La famine, le climat et les ours blancs peuvent patienter l’esprit tranquille.

Ce qui est remarquable, c’est la formidable mobilisation de l’hôpital public.

Moribond, sous-équipé, sur-administré, avec un personnel payé au lance-pierre, cette armée de « bras-cassés » a su faire face avec panache et efficacité à une urgence qui a failli tout submerger.

Comme si une tribu de Zoulous, avec des lances et des sarbacanes avait stoppé les puissantes divisions blindées de la Wehrmacht en 39.

Nécessité fait loi.

Un groupe organisé et tout entier dédié à sa tâche peut gravir des montagnes.

S’il se sait utile et sent bien que le résultat de son travail acharné change les choses, il peut faire des miracles.

En gros, et à salaire égal, il est plus gratifiant de sauver des bébés tigres au Bengale que de trier des dossiers à la CAF de Melun.

Même si on peut voir un aspect romantique au quai Hippolyte Rossignol.

En cherchant bien.

Quant à étudier un Poème de Lamartine dans une SEGPA de Villetaneuse, ça reste une expérience singulière. Certains profs ont un peu de mal à ressentir la reconnaissance que mériterait leur engagement, sauf ceux qui reçoivent des compas.

Dans le dos.

Le bal est fini.

Une fois balayés les masques, les attestations et les canettes de bière, il va falloir passer à la caisse.

A commencer par les soldats du COVID.

Une prime, 200, 300 balles, on verra.

Je vous aurais bien donné ma chemise si vous aviez pu sauver Guy Bedos.

Bande de nazes.

Simon Messina a rejoint Bouly et Etienne Dorsay au paradis.

Prenons bien soin de Claude Brasseur.

De toute façon, on ira tous au paradis.

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