LA RÈGLE DU JEU


Une balade, de Gare de Lyon à rue de Vaugirard, en passant par la place Pigalle, ça vous parle ?

1H27 de bagarre, qui peut vous conduire en prison, sans oublier de palper vos 20000 balles chaque fois que vous passez par la case départ.

Le Monopoly, le roi des jeux !

Les vicissitudes de l’immobilier tournent les têtes les mieux faites. On a tous le souvenir de parties endiablées, émaillées de cris, de rires et parfois de belles embrouilles… Tout ça pour de sombres histoires de grosse galette, de la fausse monnaie en plus.

Mais la crème de la crème, c’est le mauvais joueur qui renverse la table quand il doit payer une blinde en s’arrêtant dans un hôtel rue de la Paix.

Pourquoi une descente aux enfers, avec revente à perte de son patrimoine, tout ça pour reculer l’inéluctable : la ruine.

Pas moyen, autant tout péter et niquer le système…

Si c’est un adulte, on a tendance à mettre ce comportement sur le compte de l’alcool, du chômage ou d’une femme à la fidélité douteuse. Parfois les trois…

Si c’est un sale môme, on peut imaginer qu’il a mangé des brocolis à la cantine, ou qu’il s’est fait prendre la main dans le pot de Nutella.

On peut l’excuser, mettre son geste sur le compte de la frustration ; ou de sa conne de maîtresse qui ne lui a même pas mis la moyenne en français ! Lui, le futur Victor Hugo…

Mais on peut aussi lui botter le cul, ce qui est plus propre que de lui lécher.

On mélange tout

Adama Traoré est noir.

Et alors ?

Avant tout, c’est un jeune Français délinquant. Son décès dramatique n’a semble-t-il rien à voir avec sa couleur de peau ou un simple contrôle d’identité.

On parle d’une procédure judiciaire ayant conduit les gendarmes à venir arrêter son frère Bagui, condamné depuis pour extorsion de fonds sur personnes vulnérables !

Au pluriel s’il vous plaît !

Autant dire un pauvre gars qui n’avait rien fait de mal avant d’être harcelé par des forces de l’ordre tatillonnes.

Le frangin Adama, qui passait par là, avait par hasard de la drogue et la modique somme de 1300 € dans les fouilles. Devant tant de racisme et de brutalité policière, il décide de s’enfuir, ce qui fait que ces ballots de fonctionnaires le poursuivent…

La suite, on la connait. Ou plutôt, on ne sait pas trop si on la connaîtra un jour. A cette heure, aucune des expertises et contre-expertises médicales n’a pu arriver à une conclusion claire sur la cause du décès du jeune homme.

Franchement, vendre un peu de beuh, ou un sachet de poudre, même à des collégiens, ne mérite pas la peine de mort.

Ses deux séjours à l’ombre, son casier aussi vierge qu’une chèvre du Péloponnèse…, il est difficile de nous décrire le jeune Traoré comme un agneau pascal !

Et pourtant, c’est souvent un sport national.

Une sœur qui s’enflamme et qui jure par tous les dieux que le pauvre était un ptit gars sans histoire. Une victime du racisme.

Un peu comme à chaque fois qu’un psychopathe défouraille dans la foule ou joue la bombe humaine ; les caméras qui traînent ne manquent jamais une voisine âgée ou une mère éplorée qui ne comprend pas, qu’il travaillait bien à l’école et qu’il n’aurait jamais fait de mal à une mouche.

Si jamais les flics sont coupables, ou pire, s’ils ne portent pas spécialement les non-caucasiens dans leur cœur, il faut qu’ils soient jugés.

Ce qui est dangereux, ça serait l’impunité et l’injustice

Pas le racisme ou la stigmatisation

Farida s’est fait arrêter

Par les cheveux, qu’elle a bien crépus.

En exagérant à peine, on n’est pas loin du massacre fasciste des minorités issues de la diversité.

La pauvre

Elle ne touchait que 1800 € par mois et avait vécu une vingtaine de décès de ses patients pendant le COVID.

Après tout, pourquoi bossait-elle en gériatrie ?

Elle qui pourtant a cette vocation chevillée au corps… Dixit son avocat.

Certains indignés dénoncent une arrestation arbitraire et musclée, pour un petit bout de femme d’1m55 qui va croupir 24 heures dans les geôles torrides de la junte macroniste. Quelques secondes plus tôt, la future martyre balance des pavetons et fait de jolis doigts d’honneur à des CRS qui manquent singulièrement d’humour…

Adama est la victime d’un pays raciste, Farida d’une police fasciste.

Elle ne touchait que 1800 € par mois et avait mal vécu la vingtaine de décès de ses patients pendant le COVID.

Après tout, pourquoi bossait-elle en gériatrie ?

Philippe a souvent été harcelé par ses frères ou ses potes de collège.

Philippe ? Vous vous rappelez, celui qui retourne la table quand il s’arrête malencontreusement dans un hôtel rue de la Paix…

Dire que la France est un pays à la devise un peu ambitieuse est une évidence, tant certains sont un peu moins égaux que les autres.

Le racisme et d’autres sympathiques discriminations existent toujours au XXIe siècle.

Plus dans la loi, parfois dans les faits, mais surtout dans la tête de certains, des coupables comme des victimes.

Mais quand on a de la dope dans les poches, se faire courser par la police n’est pas un scandale. Au Monopoly, on peut se ramasser une culotte si on traîne dans les beaux quartiers. De même que, quand on balance des pavetons, on accepte de se faire tirer les cheveux…

Quand on joue, on accepte les règles.

Et pour tenter de gagner, on prend le risque de perdre…

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