RÉVOLUTION


D’aucuns disent que Ronaldo est un des tous meilleurs joueurs de l’histoire du foot.

Pas le culturiste bistourisé, l’autre, le Brésilien.

Des dribbles incroyables, des frappes de mule, pied gauche, pied droit…

Vitesse, technique, conduite de balle, puissance, l’ancien minot des favelas est un condensé infernal de toutes les qualités dont on peut rêver.

Mais si Achille avait son talon, c’est le tendon rotulien qui a bien failli briser la carrière de Ronaldo Luis Nazãrio de Lima.

Un colosse au genou d’argile qui rendra visite trois fois au bistouri du Pr Saillant, à la Salpêtrière. RER C, station Austerlitz, si vous avez la chance d’arriver de Juvisy-sur-Orge.

Trois ruptures, dont la deuxième dès son match de reprise six mois après la première !

Des quadriceps plein le short, quelques excès, un physique fragile, Il Fenomeno passe plus de temps à l’infirmerie que sur les carrés verts.

2002.

Quatre ans après une finale de Coupe du monde bien étrange, le buteur brésilien prend une revanche éclatante, en claquant deux pions contre les Allemands.

Au-delà des chiffres et des titres en tout genre, Ronaldo entre dans la légende d’une autre manière.

La Bible nous apprend que la force de Samson lui vient de sa chevelure, même si Dalida savait c’était d'ailleurs.

A la limite du blasphème, Ronaldo va s’assoir sur le livre sacré.

Alors que ses collègues du ballon rond dépensent des fortunes chez le merlan, en crêtes, brushings, tresses et colorations diverses, lui va défrayer la chronique capillaire : avant la demi-finale, il s’offre la coupe la plus dégueulasse de tous les temps.

Loin devant certaines permanentes et coupes mulet, dont nos cousins d’Outre-Rhin sont si friands.

Champion du Monde !

Tandis que son homonyme bodybuildé claque des milliers d’euros pour ses tifs, lui a révolutionné l’histoire avec un coup de tondeuse à deux balles : et crac, vite fait bien fait devant la glace.

On a tous joué à se laisser une petite moustache d’Hitler, quand on se rase devant le miroir. Sauf Samuel que ça ne fait pas rire.

A part pour quelques plaisantins nostalgiques, c’est une blague qui passe rarement la porte de la salle de bain.

Mais là, le gars a frappé très fort !

Devant des milliards de téléspectateurs.

A qui a bien pu profiter ce crime contre l’humanité capillaire ?

Un very bad trip, un chagrin d’amour ou une revendication politique ?

Non, et c’est le principal intéressé qui donnera l’explication des années plus tard sur une chaîne brésilienne.

Le double Ballon d’or était considéré comme un joueur fragile. A quelques jours du Mondial 2002, blessé à l’aine, les spécialistes se demandent alors s’il pourra tenir son rôle en demi-finale. C’est alors qu’il a une idée saugrenue :

« Tout le monde parlait de ma blessure. Du coup je suis arrivé avec cette coupe de cheveux et plus personne n’en a parlé ».

Génial !

Il y a deux types de calvitie : la tonsure, type Zidane ou Chaussée aux moines ; la frontale, encore plus ridicule, qui frappe tellement de pauvres bougres.

Ronaldo a défié les lois de la nature en osant une anti-calvitie.

Chauve là où il y a généralement des cheveux, dru sur l’avant du crâne.

Un triangle équilatéral invraisemblable !

Une antithèse esthétique.

Une histoire de pleins et de déliés à l’envers.

Une révolution qui inverse les choses, comme les petits sacripants qui enfilent un masque en latex pour jouer au docteur.

Un masque qui recouvre tout le visage, sauf le nez et la bouche.

Révolutionnaire.

A ce jour, il n’y a que trois façons de lutter contre ce virus :

- La sensationnelle appli Stop-Covid

- Le vaccin russe

- Le bondage

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