CHICAGO-LE-PONT




Qui n’a pas rêvé un jour d’aller se dorer la pilule sur une plage sud-américaine ?

Le folklore, les tortillas, la téquila, la caïpirinha.

filles couleur café, au tempérament volcanique, qui vous envoûtent sur un air de samba.

Des bombas latinas qui vous tournent la tête et font monter la sauce au rythme de la salsa, de ses cuivres puissants.

Des notes de bossa qui sortent d’une guitare, entre jungle amazonienne et vagues de l’océan : un peu comme dans les landes, mais avec des crocodiles.

Et sans confit de canard…


D’ailleurs, Tijuana, Acapulco et Caracas occupent les trois premières places. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un podium touristique où on mesure l’art de vivre.

Non, on parle bien des villes où il fait bon mourir, avec un critère impitoyable, celui du nombre d’homicides par habitant,

Le classement des agglomérations les plus dangereuses du monde reste cantonné dans les Amériques, surtout du sud !

Le Vieux Monde a su se préserver, le crime n’a pas cru bon traverser l’Atlantique, se répandant comme la peste dans des Républiques aussi lointaines que bananières.


Dans les années 20, Al Capone régnait en maître de la pègre à Chicago.

La ville était une pétaudière où les sulfateuses crachaient du plomb avant que l’agent spécial Eliott Ness ne les fasse taire en envoyant Alphonse derrière les barreaux.

Là-encore on parle d’Amérique, fût-elle du Nord.


En France on n’est pas là-dedans, c’est à peine si de minables caïds vendent des barrettes dans les cages d’escalier.

Des bandes de quartier sans lyrisme ont pris la place du grand banditisme.

Ah qu’il est loin le temps béni de la French Connection !

A cette époque, Gaëtan Zampa et Francis le Belge tenaient Marseille d’une main de fer. Comme Gaston, qui squattera la Mairie à peine plus de trente ans. Une broutille pendant laquelle les braves habitants des quartiers nord auront une vie morne et austère. Des loisirs limités au foot, au Ricard et à la pétanque, alors qu’aujourd’hui ces petits veinards peuvent se régaler en assistant à des tirs de mortier. Ou à des rodéos pour ceux qui préfèrent les sports mécaniques …


En France, on est des pisse-petits !

Encore combien de temps avant qu’un de nos compatriotes gagne le Tour ou Roland-Garros ?

Un manque d’ambition cruel qui nous a longtemps obligé à traverser l’Atlantique pour s’émerveiller devant la poésie d’une favela, ou la beauté d’une scène de guérilla urbaine.

Mais le COVID est passé par là, nous replongeant dans les vraies valeurs de la vie.


Une charmante bourgade de la banlieue parisienne est grimpée d’un coup au premier rang du classement des villes les plus dangereuses du monde.

Plus subversive que le Berlin des années 30.

Avec la mort qui rode à tous les coins de rue, pire que le Chicago de la prohibition.

Pablo Escobar, Jacques Mesrine et Al Capone peuvent se retourner dans leurs cercueils en or massif, ils ont trouvé leur maître !

Joinville-le-Pont, entre bois de Vincennes et boucles de la Marne !

Les guinguettes ont du plomb dans l'accordéon: Mimi la Sardine a jeté l’éponge, Gégène n’en a plus pour bien longtemps. Mais la résistance s’organise.

Le proprio d’une belle barraque de cette commune a défié le temps, la médecine et la maréchaussée, en organisant une modeste fête entre amis.

A peine 300 convives, avec plus d’alcool que de gestes barrières, qui accueillent à coups d’insultes et de projectiles ces fachos de flics venus les déloger !


Plus de chances d’y choper le virus perfide qu’une bastos dans un bar de Caracas. Le tout à quelques encablures des camps de migrants qui jonchent les talus de l’autoroute A4.

Il était temps que la France se reprenne et remonte en tête d’un palmarès international !

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