MARCHE ARRIERE


Le handball sans arrière, c’est un peu comme un couscous sans merguez.

Ou une bière San Miguel.


« Heu, si on ne shoote pas plus de loin, les défenseurs ne montent pas et il y a moins d’espace pour les pivots ».

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’immense Daniel Narcisse sur le plateau de Bein.

C'est vous dire si c'est vrai !

Personnellement, j’étais allé bien moins loin dans l’analyse du jeu en disant qu’il n’y avait pas de grande équipe sans grand arrière gauche.


L’arrière gauche, c’est le mâle dominant.

Le roi des échecs.

N’Guessan blessé, Lagarde qui pioche, Acquevillo qui se donne à fond, le royaume des Francs n’avait plus de monarque.

Inquiétant au moment d’affronter un Portugal à la sauce salsa qui nous martyrise depuis deux ans.

De retour sur le parquet, Thimotey a frappé très fort en shampouinant les lucarnes. Un 5/6 très convainquant en 20 minutes, avec un Lagarde efficace lui-aussi au relais du barcelonnais.


Mieux que ça, c’est « la base arrière » qui a sonné la révolte.

Si le rugby est un sport qui se joue devant, le handball en est un où les arrières ont la clé du camion.

Dans les matchs précédents, les pivots se sont gavés.

Avec, en particulier, un Kentin Mahé qui les a régalés. Et nous a régalé.

Karabatic plus défensif, Tournat excellent quand il joue, la doublette Mahé/Fabregas est une merveille.

Après tout, si les avants scorent, c’est que leurs coéquipiers font le travail pour.

Mais une petite sacoche de temps en temps, un nettoyage de lunette à plus de 110 à l’heure, ça ne peut pas faire de mal.

Et dans ce dernier match de groupe, les gros bras ont montré leurs biceps, avec 2/3 des buts marqués. En laissant des miettes aux autres dans le jeu placé.

Daniel Narcisse doit être content.

Tout comme Patrice Canayer, de voir que certains garçons assument le leadership d’une équipe considérée comme à la dérive quelques jours plus tôt.


A chaque match sa vérité.

Celle de ce France/Portugal s’est jouée au-delà de la ligne pointillée.

Et en défense également, le fameux ADN des Bleus.

Paradoxalement, Vincent Gérard n’a pas été statistiquement extraordinaire.

Il a été solide.

Mais surtout, sa défense l’a été.

23 buts encaissés avec un gardien à 9 arrêts et 29%, la performance est de taille.

Comme quoi, il est possible de bien défendre sans portier à 20 arrêts.

Dans le combat, mais aussi dans la lecture.

Une des grandes forces des lusitaniens est le jeu avec ses pivots.

Les tricolores l’ont formidablement contré.

Et ont retrouvé des couleurs dans le jeu rapide…


Tout va pour le mieux dans le meilleur des championnats.

Tous les ingrédients sont là dans la besace de l’équipe de France.

Une défaite en quarts et tout le monde tombera sur Guillaume Gille.

Encore 3 ou 4 victoires, et ses pompes à trois bandes reluiront comme des sous neufs.


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