MON POTE SAMY (dernière partie )


L’école n’est pas mère de tous les vices.

On ne peut pas l’accuser de tous les maux, et mieux, elle n’y est pour rien la pauvre, elle n’est qu’à l’image de la société.

Les profs ne peuvent pas faire grand-chose avec des élèves mal éduqués.

Des parents eux-mêmes victimes d’un ultra-libéralisme galopant.

En bout de chaîne on a le choix : racisme, dérèglement climatique, cancer…

Mais si cette école ne peut pas faire de miracle, il n’est pas interdit qu’elle arrête de faire de la merde.

Chaque jeune de ce pays y pause son cul pendant de longues années, près d’un million d’adultes y travaille et des centaines de milliards y sont investis. Bien plus que l’évasion fiscale, la fraude sociale et le budget de l’armée réunis.

Pas de quoi tout résoudre, mais il serait temps d’être un peu plus ambitieux, en commençant par regarder les choses en face.

Pas de vague dans la grande muette.

Les chefs d’établissements sont évalués selon certains critères, dont la paix sociale dans leur bahut.

En gros, moins il y a de rififi, mieux ils sont notés. La tentation est grande d’étouffer les problèmes plutôt que de tenter de les régler.

C’est un métier éminemment difficile, au centre d’un triangle infernal entre parents, enfants et profs, chacun avec des intérêts souvent contradictoires. Maintenir un équilibre tient parfois de l’exploit.

Être juste dans ce contexte n’est pas chose facile, et on en connait qui se mettent trop de pression avec les parents.

Une principale de collège qui reçoit le père d’une élève qui vient exiger des sanctions envers un prof.

Alors que sa fille n’a pas assisté au cours !

Alors qu’il est accompagné d’un responsable religieux !

Alors qu’un inspecteur d’académie avait suggéré à ce prof de faire des excuses !

Ça ne vous rappelle rien ?

A défaut d’offrir un décollage vers les hautes sphères du monde du travail, l’école pourrait et devrait éduquer au doute, base nécessaire à un esprit critique.

Un scepticisme philosophique, qui donne à chacun le pouvoir de discuter ce qu’un frère, un curé, un internaute ou un imam tenterait de vous fourrer dans le crâne ; rien à voir avec le pessimisme insupportable de ceux qui voient le verre à moitié vide.

Alors qu’il suffit de le boire cul-sec !

Faire preuve d’esprit critique, faire ce que l’on aime, quelle noble ambition !

Mais quelle misère aussi.

Tout le monde ne peut pas devenir ingénieur, chirurgien ou avocat. Comment gérer une société où tout le monde aurait un Bac + 5 ?

Qui irait bosser dans une cimenterie avec un doctorat, alors que tant d’EPADH cherchent un personnel dévoué pour la toilette intime de nos anciens ?

Un nouveau Contrat Social est nécessaire, avec une vision d’avenir claire pour la jeunesse de ce pays.

Manu, si tu lis ces quelques lignes…

- Allo Sam ?

- Oui…

- Alors ces vacances, ça te dirait d’aller boire un coup sur Paris ?

- Heu, je ne sais pas trop…

- Tu as l’air bizarre, tu es sûr que tout va bien ?

- Bof.

- C’est le couvre-feu qui te dérange ?

- …

FIN

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